Le PDC Jura entame son renouveau sous le signe de l’ouverture

Un programme rudimentaire, des valeurs floues, un déficit d’image et un manque de démocratie à l’interne… Le groupe de pilotage conduit depuis le mois de décembre par Jean-Baptiste Beuret sur les nouvelles orientations et l’organisation du PDC Jura n’a pas mâché ses mots lors du congrès qui a eu lieu ce soir à Glovelier devant plus de 150 personnes. Le revers enregistré lors des élections fédérales de l’automne 2007 a suscité de nombreuses réflexions au sein du parti qui a entamé une autocritique en profondeur. Pas moins de douze séances ont eu lieu en quelques mois afin de pouvoir présenter le rapport au congrès. Le constat est sévère, mais avec l’exercice d’ouverture auquel il s’est attaché, le parti démocrate-chrétien, talonné par le PSJ, s’est fixé plusieurs objectifs, à savoir gagner les élections communales de cet automne, rester le premier parti du canton et reprendre en 2011 le siège perdu au Conseil National.

Pour le groupe de pilotage, la personnalisation de la politique est indéniable et le PDC doit en tenir compte, les thèmes politiques doivent être plus proches des préoccupations de la population et il faut tenir compte de la baisse de l’attachement durable à un parti. Le désenchantement est également un problème à prendre en considération tout comme l’esprit de clocher qui perdure dans le canton du Jura.

Le PDC constate aussi le désintérêt d’une partie des acteurs de la vie publique pour les mandats politiques. Le poids électoral du parti est à la baisse, son image pour certains est celle d’un parti fatigué et sur le déclin, elle est également associée à la conquête de postes clés et à certaines «affaires». Le PDC souffre d’une culture de parti majoritaire et on l’identifie trop souvent aux institutions. Quant à son positionnement sur l’échiquier politique, il est aspiré à droite. Le programme politique du PDC est qualifié de rudimentaire, il manque de clarté et de visibilité et se focalise trop sur les finances.

La structure du PDC est également sévèrement critiquée, elle souffre d’un manque de démocratie interne et il n’y pas assez de compétition au sein du parti, le groupe parlementaire manque de cohésion, il n’y a pas assez de places faites aux jeunes et pas assez de personnalités ayant une large assise dans la population.

Face à ces constats, le groupe de pilotage fait plusieurs propositions: il faut aujourd’hui déterminer les valeurs de référence du parti, définir une vision pour le Jura à moyen et long terme et dresser un programme politique consistant. Selon le groupe de travail, le PDC doit occuper le centre de l’échiquier politique, éviter les alliances générales et ne pas se figer sur l’adversaire socialiste. Le PDC doit définir une nouvelle politique de communication. Le parti devra également resserrer sa présidence, elle devrait être composée de 7 personnes au lieu de 18 actuellement. L’idée est également de créer une commission politique permanente ainsi qu’une dizaine de sections régionales.

Après avoir débattu des propositions du groupe de pilotage, le congrès du PDC a adopté son rapport et lui a donné pour mandat de mettre en place la nouvelle présidence dans les meilleurs délais. Il devra également définir les cahiers des charges des nouvelles commissions. Ces différents travaux devront être réalisés pour le 8 mai, date du prochain congrès du PDC Jura.

A retenir encore que le PDC Jura a pris congé ce soir de sa présidente Madeleine Amgwerd, de trois membres de la présidence, à savoir l’actuelle vice-présidente Karine Marti-Gigon et les députés François-Xavier Boillat et Jean-Paul Gschwind, et de l’ancien conseiller national Pierre Kohler. /gk

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