Un sujet tabou repoussé après les élections

L’éligibilité des enseignants au Parlement jurassien, un sujet tabou en période électorale. C’est une information de notre rédaction, le législatif devait traiter les modifications de la loi d’incompatibilité et de la loi sur l’organisation du Parlement lors de sa séance du 20 octobre. Or, les deux points ont été retirés de l’ordre du jour. La Commission de gestion et des finances (CGF) a pris cette décision par 5 voix contre 4. Explications.
 
Une décision électorale ?
 
C'était les points 17 et 18 de la prochaine séance du Parlement jurassien. Ils devaient permettre de déterminer quels employés de l'Etat auraient le droit, dans le futur, de siéger au Parlement. On sait que le sujet est brûlant, c'est d'ailleurs pour cette raison qu'il a été écarté de la nouvelle loi sur le personnel pour être traité à part.
 
Cette nouvelle loi qualifie les enseignants et les fonctionnaires «d'employés de l'Etat». D'où les divergences! Faut-il permettre à tous les employés de l'Etat d'être élus députés avec certaines restrictions (ex:juristes, chefs de service) ? Ou seulement les enseignants ? Ou personne ? Le débat est sensible, apparemment trop en période électorale.
 
Ainsi, la majorité de la CGF a décidé de reporter les deux objets à la séance du 17 novembre, date où l’on parlera des élections – celle du 2e tour au Gouvernement comprise – à l’imparfait. La CGF compte 11 membres, le report a été voté à 5 contre 4, il y avait deux absents. Le vote s’avère panaché et non clairement partisan.
 
La position des partis sur le fond
 
Selon des informations obtenues par diverses sources concordantes, une majorité du PDC ne voudrait plus des enseignants au Parlement. Elle s'opposerait à une élection de tous les employés de l'Etat et demanderait un référendum obligatoire. A gauche, le PS et le CS-POP approuvent l'idée d'élire tous les employés de l'Etat au législatif. Le PCSI se dit partagé mais la majorité est pour le statu quo idem au PLR. L'UDC ne sait pas trop. Le sujet divise les partis politiques. En jeu, une question fondamentale: la représentativité du peuple jurassien. /clo
 
Le commentaire de Lise Bailat, rédactrice en chef
 
Les travaux des Commissions parlementaires sont censés se dérouler dans la discrétion, c’est vrai. Il s’agit d’assurer aux députés un débat serein et constructif avec le moins de pressions extérieures. C’est très bien ainsi. Si aujourd’hui, la rédaction d’RFJ a décidé de lever un coin de voile sur le vote d’une Commission, ce n’est pas pour mettre de l’huile sur le feu ou trahir qui que ce soit. C’est pour que les citoyens puissent voter de la manière la plus transparente possible. L’éligibilité des employés de l’Etat – enseignants et fonctionnaires – concerne plusieurs centaines de personnes dans le Jura. Des personnes qui ont le droit de savoir à quelle sauce les différents partis ont envie de les manger. Le report de sujets sensibles en période électorale est une pratique courante, pas un drame, mais une pratique qui marque un certain dédain du citoyen. Le Jura peut s’en passer…
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