L’adieu à Joseph Voyame

Près de 400 personnes ont assisté ce jeudi après-midi à Bassecourt aux obsèques de Joseph Voyame, décédé dimanche soir à l’âge de 87 ans. Sa famille, de nombreux officiels et des anonymes, nombreux étaient ceux à s’être déplacés pour venir rendre un dernier hommage au père de la Constitution jurassienne.
 
A la demande du défunt, c’est le diacre Didier Berret qui a célébré une liturgie emprunte de beaucoup de sobriété mais aussi de solennité et de respect. «Nous sommes venus prendre du temps pour lui, non pas parce que c’était son désir, mais parce que nous le lui devons, nous sommes réunis ici par fidélité» a souligné le diacre à l’ouverture de la cérémonie qui aura duré un peu plus d’une heure et demie, ponctuée de pièces de Brahms, Bach, Haendel, Piazzola et Bartoli notamment.
 
Simplicité, humanité et humilité
 
Dans son message, le diacre a fait part à l’assemblée de trois sentiments: le sentiment de fierté pour celles et ceux qui ont côtoyé Joseph Voyame, mais aussi pour la Suisse et le Jura d’avoir pu connaître une personnalité aussi remarquable et attachante, le sentiment de gratitude aussi pour ce que la Suisse, le Jura et une partie du monde lui doivent, et aussi le sentiment de simplicité, d’humanité et d’humilité que les différents mandats de Joseph Voyame auraient pu outrager. «Il s’agit ici de faire mémoire, dire merci, exprimer notre chagrin et le porter en prière auprès de Dieu» dira Didier Berret.
 
Proximité, distance, intimité, respect. Ces mots caractérisent la manière dont Joseph Voyame aura vécu. Comme l’expliqua un peu plus tard Didier Berret lors de son homélie, «nous percevons en Joseph le Tu de l’ami avec sa simplicité et son respect des humains, mais aussi le Il du savant et du spécialiste qui incite au respect et force l’admiration de tous». «Nous allons porter dans nos mains un cadeau précieux qui était la vie de cet homme» a encore déclaré Didier Berret.
 
Les hommages
 
De nombreux hommages ont encore été rendus avant l’aspersion et la bénédiction du corps du défunt. Premier à s’exprimer, l’ancien ministre Pierre Boillat dira que «la mort nous enlève ta présence entourée de ton rayonnement intense et de ta riche amitié. Avec la disparition de Joseph Voyame, la Suisse perd un ses serviteurs les plus talentueux. L’homme en marche s’est arrêté».
 
Autres hommages, celui d’un de ses amis et de celui de Corinne Eschenloch, sa professeure de grec ancien. Le premier rappela l’importance du travail réalisé par Joseph Voyame afin que la justice guide la politique. «Nous allons nous quitter pour retrouver cette lumière, tu es devant, je suis derrière, mais qu’importe nous nous serrons la main» conclura-t-il. «Joseph, tu es parti rejoindre Socrate et les autres» continua Corinne Eschenloch en remerciant pour «l’immense privilège de l’avoir compté dans ses amis». Leurs échanges resteront gravés à jamais dans sa mémoire.
 
Au nom de l’ancien constituant Pierre Christe, actuellement convalescent, François Boillat, ancien secrétaire en 1975 de l’Ordre des avocats a rappelé que Joseph Voyame ne pouvait laisser personne indifférent. «Le Jura et la Suisse perdent un savant de valeur».
 
Un souvenir qui oblige à oser la fraternité
 
Après l’hommage et les souvenirs exprimés par Gérard Montavon, le premier président du Conseil consultatif des Jurassiens de l’extérieur, ce fut au tour de la ministre Elisabeth Baume-Schneider de transmettre à la famille de Joseph Voyame le message d’amitié et de profonde compassion de la part du Gouvernement jurassien. «Nous sommes là pour dire à quel point nous sommes reconnaissants à Joseph Voyame d’avoir pu façonner ce coin du pays tout en voyageant dans le monde entier. Toutes ses missions traduisent simplement l’insatiable besoin de se mettre au service de la communauté humaine».
 
Lors de sa dernière visite auprès de Joseph Voyame, la présidente de la délégation aux affaires jurassiennes a expliqué «s’être retrouvée sur le parking de l’Hôpital du Jura à Porrentruy, un gout salé de larmes d’enfant sur les joues et en même temps je me sentais bien, apaisée, je t’en remercie Joseph».
 
La ministre ajouta qu’«il est certain que Joseph Voyame n’entendait pas se poser en héros, encore moins prétendre à une quelconque sainteté. Nous ressentons à quel point il a été homme, pleinement et simplement homme et c’est notre privilège et bonheur d’avoir tenté d’ajuster notre marche au rythme si intime et rassurant de son pas».
 
Pour la franc-montagnarde, «la douceur de son souvenir nous pousse vers demain et nous oblige à oser la fraternité ici dans le Jura et ailleurs. Le gouvernement jurassien est reconnaissant à Joseph Voyame de nous donner le goût de l’action politique digne et ouverte sur le monde».
 
Les cendres de Joseph Voyame seront déposées dans quelques jours dans la tombe de son père, enterré lui-même à Bassecourt. /gkl
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