L’amiante est encore très présent dans nos maisons

L’arrêt d’un chantier à Delémont la semaine dernière remet sur le devant de la scène la problématique de l’amiante. Les premiers scandales datent des années septante. Un vieux problème donc, mais toujours d’actualité.

 
Dans presque tous les bâtiments construits après 1991
 
Selon Marc Dutoit, directeur d’une entreprise biennoise spécialisée dans la détection de substances toxiques, la grande majorité des constructions d’avant 1991 contiennent de l’amiante. Contrairement à ce que beaucoup de gens peuvent croire, la substance ne se cache pas uniquement dans les toits "Eternit". On en trouve aussi dans les colles de carrelage, les chapes, les crépis, les isolations de conduites ou encore dans tout ce qui est à base de bitume. Il n’y a pas pour autant de danger pour la population tant que des travaux ne sont pas entrepris.
 
Marc Dutoit note une prise de conscience réelle autour de ce problème ces deux dernières années. Pourquoi a-t-il fallu autant de temps? Selon lui, «économiquement, pour des projets, ça faisait un souci supplémentaire ».
 
 
Une problématique réglementée au niveau fédéral
 
L’hygiéniste jurassien du travail rappelle lui qu’une ordonnance fédérale existe depuis de nombreuses années, ainsi que des directives spécifiques à l’amiante. Pour Jean Parrat, les employeurs doivent connaître leurs responsabilités. Ce d’autant plus que la SUVA informe très régulièrement sur la problématique de l’amiante. Pour lui, la difficulté principale, c’est que contrairement à un accident de travail, l’inhalation d’amiante a de graves conséquences seulement vingt ou trente ans plus tard. Ce qui complique le travail de sensibilisation.
 
Jean Parrat ne verrait pas d’un mauvais œil la mise en place d’une loi qui rendrait systématique le diagnostique amiante au moment de la délivrance d’un permis de démolition. Mais il ne pense pas que cela réglerait tous les problèmes: "la majorité des travaux d’assainissements ou de transformations intérieures exposent les artisans à l’amiante, et ne sont pas soumis à un permis". C’est pourquoi, selon lui, la priorité reste la sensibilisation et la formation des travailleurs. /cad
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