L’argent : beurre des campagnes politiques

Qui finance les campagnes électorales ?
À l’approche des élections cantonales de cet automne, les tractations vont bon train. Tous les membres du gouvernement se représentent, et des candidats issus de la plupart les formations politiques s’apprêtent à sortir du bois.
 
Derrière les personnes et les combats d’idées se cache le nerf de la guerre : le financement des partis. Et une campagne, ça coûte cher : on compte entre 50’000 et 70'000 francs pour les partis principaux, entre 10’000 et 20'000 pour les moins fortunés.
 
 
Peu de détails sur les donateurs à droite
 
La première source de revenu des partis reste bien sûr les cotisations des membres. De plus, dans tous les partis sauf le PLR, les élus se doivent de participer au financement. À titre d’exemple, un ministre socialiste verse annuellement 12'000 francs au parti, et un élu fédéral 8'000 francs.
 
Tous les partis mettent de l’argent de côté pour les échéances électorales. Ils en profitent pour lancer des campagnes spéciales, en approchant des donateurs sympathisants, et si possible fortunés. Selon Jean-Baptiste Beuret, président du PDC, cette étape s’effectue chez les démocrates-chrétiens via des contacts de personne à personne.
 
Pour le PLR, la cible privilégiée est le monde de l’entreprise. Pourtant, en ce qui concerne le financement de son parti, la présidente ne veut pas donner de détails. Transparence des comptes, oui, mais pas de transparence publique. Il en va du respect de la sphère privée selon Françoise Doriot. La population n’a pas besoin de savoir qui soutient les partis. Ce discours est identique au sein du PDC et de l’UDC.
 
 
La gauche joue la transparence
 
Position diamétralement opposée au parti socialiste, qui veut faire de la transparence un de ses chevaux de bataille. Le président montre tous les comptes, sur lesquels sont inscrits les noms de ceux qui soutiennent le PS. Pour son président Michel Thentz, tous les partis devraient en faire de même. Il ajoute que le parlement devrait réfléchir à un meilleur financement des partis par le canton.
 
Mais cette idée-là ne fait pas l’unanimité. Pour le président de l’UDC, Romain Schaer, même s’il est financièrement intéressant, le principe va à l’encontre de ses idéaux. L’UDC, qui se définit comme le petit parti du Jura, va faire campagne avec de petits moyens. Mais pour compenser, Romain Schaer compte sur l’engagement de ses candidats, qui devront mouiller le maillot.
 
Même discours de l’autre côté de l’échiquier politique. Au CS-POP, on envisage la campagne dans le rôle de David contre Goliath. Le parti présidé par Rémy Meury n’a pas de gros moyens à engager dans les médias ou des campagnes d’affichage. Il mise davantage sur de «petites actions plus innovantes, plus amusantes», ce qui demande un grand engagement de la part des candidats.
 
Au bout du compte, tous les partis se rejoignent sur un point : l’argent ne suffit pas pour gagner une élection. /cad
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