La justice se penche sur la rénovation de la salle de l'Inter

Le tribunal de première instance de Porrentruy étudiait lundi matin le projet de rénovation de la salle de l'Inter. En mai, la section jurassienne de Patrimoine Suisse avait décidé de porter l'affaire devant la justice. Elle s'oppose particulièrement à l'abattage d'un mur, car le bâtiment est protégé en tant que monument historique par le Canton et la Confédération. Un privé a également fait recours.

Le tribunal a d'abord pris l'air. A huit heures lundi matin, juge, parties et avocats se sont retrouvés à Porrentruy devant le bâtiment de l'Inter, histoire de visiter les lieux, et de répertorier les rénovations prévues. Pas de changement pour les façades extérieures. Pas d'intervention majeure dans la salle non plus, en dehors de quelques aménagements. La scène serait aplanie, élargie et approfondie. C'est là que ça coince. Car il y a un mur qui restreint le fond de scène. Celui-ci devrait donc être abattu.

Pour Patrimoine Suisse, la façade ouest du bâtiment doit être protégée, car sur des photos d'archives, on peut y voir divers ornements. La juge Carmen Bossart Steulet a fait valoir que selon un expert, les décors ont disparu, on ne peut pas les restaurer, et de toute manière un bâtiment se trouve devant. Mais Patrimoine Suisse n'en démord pas : il faut expertiser pour être certain de l'état de ce mur et la bâtisse qui le cache pourrait être démolie.

Autre recourant, un voisin ne mâche pas ses mots. Il se plaint d'un projet fait à la va-vite, qui ressemble à un bunker, qui va défigurer la vieille-ville et gâcher sa vue.

Enfin pour la commune, le projet a été déposé dans les règles. L'intérêt public n'est pas de faire de la salle de l'Inter un musée, mais bien un lieu de vie culturelle. Autant dire que lundi matin, toutes les parties ont campé sur leurs positions.
 
Contrairement à ce que demandait la section jurassienne de Patrimoine Suisse, la juge a annoncé en fin d’audience qu’elle renonçait à demander de nouvelles expertises. Pour Carmen Bossart, il n’y a pas besoin de complément de preuve; les éléments à disposition de la justice sont suffisants. Les avocats ont maintenant jusqu’au 4 octobre pour déposer par écrit leurs plaidoiries. /cad

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13.09.2014
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