Condor peine à se redresser

Plus que jamais, la situation économique de Condor semble précaire. Au mois d’août dernier, notre rédaction dressait un bilan bien sombre de cet ancien fleuron de l’industrie jurassienne. Endettée, l’entreprise de Courfaivre licenciait et ne produisait plus. La situation ne s’est pas vraiment améliorée.

Les effectifs de Condor fondent comme neige au soleil. Selon nos informations, moins de dix personnes seraient encore sous contrat, parmi lesquelles la direction. Certains de ces contrats se termineront à la fin de ce mois ou du prochain, et ne seront pas renouvelés.
 
Dans les faits, ils sont rarement dix à travailler sur le site. Selon certaines sources, on en voit rarement plus de trois. Plutôt cinq ou six selon des indications internes à l’entreprise. Une chose est sûre : depuis l’été passé et la première vague de licenciements, les commandes importantes se font encore attendre.

 
Le parc de machines se réduit sans cesse
 
Il faut dire que l’usine a réduit son offre. Le parc de machine a subi une véritable cure d’amaigrissement. Selon nos informations, la plupart des équipements de mécano-soudure ont été vendus, pour partie à l’entreprise Delmet. Nous avons également appris que Condor possède un immeuble à l’entrée de Delémont qu’elle chercherait à vendre. Mais le site, potentiellement pollué, ne rassure pas d’éventuels acheteurs. A Courfaivre enfin, la société a souhaité rencontrer les autorités communales, qui ont accepté. Depuis, plus de nouvelles ; elles attendent toujours un rendez-vous concret.

 
Une faillite imminente ? Pas nécessairement.
 
Pour plusieurs observateurs du monde économique et syndical, la situation ressemble de plus en plus à un démantèlement. Certains parlent même d’un "souk" où tout est destiné à la vente. Mais selon une source interne à l’entreprise, il faut plutôt y voir une nouvelle orientation stratégique. L’entreprise pourrait cesser toute activité de production, et se concentrer sur la valorisation des produits déjà existants dans le catalogue Condor-Fast. Au lieu de produire, l’entreprise de Courfaivre se réorienterait sur le contrôle de qualité, la sous-traitance ou encore la vente.

 
Le plan social a été payé
 
La faillite ne paraît donc pas inéluctable. Financièrement, Condor a encore des liquidités, probablement beaucoup grâce aux propriétaires russes qui continuent d’injecter de l’argent dans la société. Ainsi, après plusieurs mois de tractations, nous avons appris que le plan social destiné aux employés licenciés cet été a récemment été payé.
 
Contacté, Unia Transjurane confirme ce versement. Le syndicat n’en dira pas plus, une conférence de presse sera organisée d’ici quelques semaines. /cad
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