La scierie jurassienne Corbat peut respirer

Les CFF viennent d’attribuer les commandes de traverses de chemins de fer pour les cinq prochaines années. L’approche de cette adjudication avait fait du bruit dans le Jura l’année dernière, parce que les CFF envisageaient de se fournir à l’étranger pour moins cher. La classe politique ainsi que l’entreprise faîtière du secteur, Industrie du bois suisse, avaient plaidé en faveur des entreprises indigènes, en mettant en avant la qualité de leur production.
 
 
Corbat Holding SA obtient la plus grosse part des commandes
 
Après plusieurs reports, la décision finale a été communiquée lundi aux entreprises concernées. Les CFF attribuent les commandes en lots de 30% et 70%. La société Corbat Holding, basée à Vendlincourt, obtient la part la plus importante pour les traverses standard ainsi que les traverses d’aiguillages, alors qu’une entreprise étrangère se voit attribuer les lots de 30%. En revanche, la scierie Corbat ne fournira plus de traverses de pont; celles-ci seront commandées à un autre fournisseur suisse. Il faut préciser que les CFF achetaient jusqu’ici des traverses brutes qu’ils transmettaient ensuite à l’entreprise jurassienne pour les imprégner. L’adjudication annoncée lundi porte sur des traverses finies.
 
 
La satisfaction de Patrick Corbat
 
Le directeur des scieries de Vendlincourt et Glovelier, Patrick Corbat, est soulagé et globalement satisfait de cette annonce, même si sa société risque tout de même de perdre quelques plumes dans l’opération, à cause des traverses de pont qu’elle ne traitera plus.
A noter que les CFF évaluent à 80'000 le nombre total de traverses posées chaque année. Ce chiffre dépend toutefois de l’importance des travaux de renouvellement de voies entrepris par l’ex-régie fédérale. Seule la moitié des quantités commandées aux fournisseurs est donc garantie.
 
 
Les pressions ont porté leurs fruits
 
L’inquiétude de la scierie jurassienne avait été relayée en janvier 2010 à la tribune du Parlement jurassien. L’entreprise faîtière de la branche, Industrie du bois suisse, s’était ensuite emparée de l’affaire pour nouer un dialogue avec les CFF. Selon Patrick Corbat, ces discussions ont permis de ne pas prendre en compte uniquement la question des prix, mais aussi celle de la qualité du produit. "Les démarches entreprises (...) ont quand même amené à une définition d'un cahier des charges qui tient vraiment compte des réalités qu'on a voulu mettre en avant. Je pense que ça a quand même influencé le cours des choses", estime le directeur. /lbe
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