Une marche fuchsia pour l’égalité

14 juin 2011Ils étaient environ 300 à s'être rassemblés dans les rues de Delémont mardi en fin d'après-midi. Ces personnes ont marché, vêtues de fuchsia, depuis la place de la gare jusqu’au forum Saint-Georges. L'action a été menée dans le cadre de la journée nationale de grève et d’actions face aux inégalités salariales entre hommes et femmes qui persistent, vingt ans après la grève des femmes, et trente ans après l’inscription du principe d’égalité dans la Constitution.
 
Le syndicat Unia se montre satisfait de la mobilisation. Il a mis sur pied de nombreuses activités durant toute la journée à travers la région à l’exemple d’une caravane qui a sillonné les six districts du Jura historique dans le but de rencontrer les travailleuses et travailleurs du commerce et de l’industrie.
 
Peu de coup de sifflets
 
L’un des moments forts de la journée était prévu à 14h06. Un concert de sifflets était organisé dans de nombreuses capitales cantonales. La mobilisation n’a pas été aussi grande que ne l’espéraient les organisateurs. Seules quelques centaines de personnes ont sifflé à Berne, Lausanne, Bâle, Saint-Gall ou encore Zurich. /clo + ATS
 
La mobilisation des uns, l’indifférence des autres face à cette action en faveur de l’égalité a par ailleurs inspiré ce commentaire à Léonie Béguelin.
 
L’utilité d’une pareille journée d’action est difficile à évaluer. Mais elle aura au moins permis de remettre en question un cliché fort répandu : celui de la passivité, voire de la responsabilité des femmes face aux inégalités salariales. Car ils ne sont pas rares, ceux qui jugent plus ou moins ouvertement que si les femmes gagnent moins que les hommes pour un travail identique - insistons sur ce mot, identique -, c’est que ces dames ne savent pas négocier. Ou qu’elles ne s’y prennent pas de la bonne manière pour se faire entendre. Ou que les chiffres des syndicats sont trompeurs. Ou que ceci, ou que cela - peu importe la raison, tant qu’elle ne remet pas en cause la gestion masculine du monde du travail. Il arrive même que des femmes se laissent convaincre par ce discours, et le relaient elles-mêmes. Les actions de ce 14 juin ont probablement ennuyé ces gens-là, lassés d’entendre les mêmes revendications depuis 30 ans. C’est pourtant simple : pour ne plus les entendre, il suffirait une bonne fois pour toute d’appliquer le principe d’égalité inscrit dans la loi.
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