Les carnets de route d'un voyage pour Jura Afrique 4

Il va faire tout à coup très chaud, puisque nous vous emmenons dans le désert… C’est le 4e carnet de route de Lise Bailat, partie jusqu’au Bénin en voiture, en compagnie de Claire Jeannerat. Elles vont amener le véhicule aux partenaires béninois de l’association Jura Afrique. De Nouakchott, la capitale de la Mauritanie, la chronique de Lise Bailat.

Le rien. C’est un substantif que l’on associe volontiers au désert. Et pourtant… De Tan-Tan au Maroc, à Nouakchott, en Mauritanie, sur près de 2000 kilomètres de désert, nous allons de surprises en surprises. Une tempête de sable au départ, des oasis, des dromadaires qui traversent la chaussée avec leur flegme caractéristique, des mirages, ces employés d’une station service qui nous offre le thé à la menthe, précisant bien qu’ils sont du Sahara et non du Maroc… Les chasse-sable, les contrôles de police, le chaud la journée, le froid la nuit; puis Laayoune, une ville qui surgit du désert, rose, basse, qui se réveille sur le coup des 18h00 pour enfin laisser la foule parader dans les rues ; les berbères, si nobles, les monts, les plaines, les falaises, les plateaux, le rose, le jaune, le mauve et le brun… Pour moi, c’est tout cela, le Sahara, des milliers d’images qui gravitent dans mon esprit.

Et après le Sahara vient le Sahel, et la Mauritanie. Encore un autre monde. Nous devons remplir d’interminables fiches pour passer la frontière entre le Maroc et la Mauritanie. Nous nous présentons à la police, la gendarmerie, la surêté nationale, la douane… S’ensuivent trois kilomètres de « no man’s land » où grillent des carcasses de voitures et où nous sommes contraintes de remplir notre réservoir d’essence, un arrêt qui me fait transpirer... Puis les mêmes formalités à la douane mauritanienne, où les agents tamponnent des passeports dans de petites cabanes en bois… « Soyez les bienvenues » : On nous le répète partout aussi en Mauritanie. Un pays résolument étonnant…Nous arrivons à Nouakchott en soirée, et je découvre une ville anarchique, entre sable et goudrons, mais vivante, animée, souriante. La république islamiste nous accueille avec beaucoup de tolérance. Ici les titres de journaux sont légion, témoin d’un pays ouvert… On y parle encore de l’attentat d’Aleg, où quatre Français ont péri, avec cette question : mais comment est-ce possible ici, dans ce pays si calme ? et qui se cache derrière cet acte ? La Mauritanie n’a jamais entendu parler d’elle à l’étranger. Elle déplore aujourd’hui amèrement cette première malheureuse publicité... Et s’étonne encore, appelant le nouveau président, moderne et réformateur, à ne pas céder devant la peur… Elle est ma foi bien mauvaise conseillère, c’est vrai.

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