Les carnets de route d'un voyage pour Jura Afrique 5

Après la France, l’Espagne, le Maroc et la Mauritanie, Lise Bailat et Claire Jeannerat sont arrivées au Mali. Les deux journalistes vont conduire une voiture au Bénin pour l’association Jura Afrique. De Bamako, la capitale du Mali, en plein air, c’est une chronique de Lise Bailat :

Cette fois-ci, le but du voyage se précise. Nous avons parcouru plus de 6000 kilomètres depuis notre départ, il fait 37°C à l’ombre à midi, près de 50°C dans la voiture, et l’on commence à entendre le son de l’Afrique de l’Ouest… car en quittant Nouakchott, nous avons quitté le Sahara pour entrer dans le Sahel et ses vastes plaines sèches, mais au moins un peu fertiles. Un tout petit peu.

Nous prenons la route de l’espoir…Et si l’état de la route est relatif à son nom, et bien mieux vaut ne pas espérer grand-chose… On n’y trouve des nids de poule géants, des dos d’ânes à des lieux improbables, de la boue. Car il pleut au Sahel et c’est déjà une surprise de taille. Les habitants se déplacent dans ce marasme, pieds nus. C’est dur.

Après une dizaine d’heures de route, la chaleur et la fatigue nous écrasent. Nous mettons le cap sur le Mali. Plein sud. Le passage de la douane n’est qu’une formalité et nous arrivons alors à Nioro. C’est la déferlante. Je suis submergée d’odeurs, de couleurs, et surtout de sons… La radio est omniprésente, la musique, le son, juste du son. Partout, à tous les étages. Ce n’est qu’un début, j’en suis sûre, mais la vague est bien là… Tout change à l’entrée du Mali. Il y a à nouveau des arbres, des fleurs, nous croisons des femmes qui marchent avec des sceaux sur la tête, silhouettes gracieuses qui bordent les routes, d’autres pilent ce que j’imagine être du mil. Les enfants nous tracent, certains demandent un cadeau. La proximité avec les Maliens est énorme.

Je ne sais comment décrire ces premières heures dans ce pays, parce que je n’arrive pas à tout saisir. Tout va très vite… Je ressens un mélange de cultures intéressants, un sens de la plaisanterie malien très grand, et un pays jeune, si jeune : La population malienne va doubler d’ici 20 ans, si son taux de croissance reste identique. En venant du vieux contient, je n’imaginais pas autant d’enfants, de fraîcheur…Elle est peut-être là en fait la route de l’espoir…

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