Le Parlement étudie le plan hospitalier

Le Parlement planche sur la modification du plan hospitalier depuis 10h45 ce matin. Le débat est empreint de beaucoup d’émotion, on s’en doute après le débat qui fait rage dans le Jura depuis plus de 2 mois, en fait depuis la présentation de la modification du plan hospitalier par le Gouvernement au début décembre.
 
Pour rappel, la réalisation de ce plan hospitalier doit se faire sur 3 ans et en plusieurs étapes, en concordance avec la construction du nouveau centre de rééducation prévu à Porrentruy, construction pour laquelle un crédit de 8 millions et demi de francs a été accepté ce matin.
 
Les groupes parlementaires pas opposés
 
Lors du débat d’entrée en matière, Michel Choffat pour le groupe PDC a appelé à des décisions responsables de la part du Parlement et non pas régionalistes ou communalistes. La modification du plan hospitalier ne réjouit personne, mais c’est au Parlement d’être courageux et d’assurer la pérennité de l’hôpital du Jura. La proximité des soins n’est pas synonyme de sécurité a encore expliqué le député.
 
Pour le groupe PLR et Raphaël Schneider, il est faux de croire que la modification du plan hospitalier entraine l’avènement d’un hôpital au rabais. En revanche, le député de Courgenay a proposé au Parlement des modifications à l’article premier du plan hospitalier, des modifications qui précisent le maintien d’un service d’urgence à Porrentruy ainsi qu’une zone sécurisée de surveillance postopératoire et une salle de déchoquage.
 
Agnès Veya pour le groupe socialiste a rappelé que le risque zéro n’existe pas. L’hôpital du Jura doit réunir ses compétences pour mieux les redistribuer à la population.
 
Pour le groupe PCSI et Bernard Tonnerre, il est dommageable que certains mettent en doute la sécurité sanitaire avec une certaine paranoïa. Selon lui, la modification du plan hospitalier prévu par les autorités est le meilleur scénario qui soit.
 
Pour Rémy Meury, la modification du plan hospitalier doit être soutenue par le Parlement. Il est dommage que l’on oppose dans ce projet deux régions du canton. Il n’est pas acceptable que des menaces soient proférées à l’encontre des représentants du peuple, référence à un courrier adressé la semaine passée par le docteur Wacker aux députés.
 
Des interventions personnelles
 
Le radical Serge Vifian a dénoncé le saucissonnage dont est victime depuis plusieurs années l’hôpital de Porrentruy auquel on supprime régulièrement des prérogatives. Le député d’Alle ne veut pas entendre parler de régionalisme étriqué. Mais pas question pour lui de cultiver la nostalgie et de s’engager dans une voie sans issue. Il acceptera tout de même le plan hospitalier si les garanties demandées par le groupe radical sont acceptées.
 
Pour le PCSI Pierre-Olivier Cattin, il s’agit aujourd’hui de signer l’acte de décès de l’hôpital de Porrentruy. Selon le pédiatre, le site a succombé après les coups répétés de plusieurs assaillants décidés à le faire disparaître. Il a estimé ce matin que l’Etat jurassien n’a eu de cesse de faire en sorte de détruire l’hôpital de Porrentruy. Pierre-Olivier Cattin a fait état de sa déception et de sa désillusion, des raisons pour lesquelles il ne votera pas le plan hospitalier.
 
En son nom personnel, le socialiste Ami Lièvre parle de la recherche d’économies à tout prix, prétexte pour supprimer de nombreuses prestations, sans doute aussi selon lui pour le confort des médecins. Le doyen du Parlement parle aussi d’opacité des chiffres, de promesses non tenues et de décisions parlementaires bafouées par le passé.
 
Le président du PSJ, Michel Thentz, ne veut pas de sous-entendu dans le message du Gouvernement sur lequel doit se prononcer le Parlement. Il veut également en savoir plus sur le surcoût de certaines mesures correctives annoncées mais pas encore garanties par le Gouvernement.
 
Le Gouvernement se veut rassurant
 
Philippe Receveur a défendu la modification du plan hospitalier en expliquant notamment que la concurrence et la comparaison accrue allaient devenir les enjeux principaux de l’ensemble des hôpitaux du pays, voire de l’étranger. Pour le chef du Département de la Santé, le statu quo, c’est faire de la marche arrière. Les pressions viennent aujourd’hui de l’extérieur a poursuivi le ministre pour qui le projet soumis au Parlement est un projet médical et non pas économique. Le plan hospitalier est un élément stratégique qui définit le cadre de l’Hôpital du Jura. Philippe Receveur a renouvelé ses garanties en mesures d’urgence et de prise en charge post-opératoire, des garanties qui ne concernent pas le plan hospitalier selon le ministre.
 
L’entrée en matière n'est pas combattue, le débat se poursuit. Une interruption de séance a été demandée par le président de la Commission de la santé, le socialiste Joël Vallat, afin que ses membres puissent se prononcer sur les propositions émises par le groupe radical. /gk
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