Débat public sur le CREA: les opposants sortiront-ils du bois?

Un débat public sur le CREA a lieu demain à 10h00 à l'Hôtel de la Gare à Moutier. La consultation sur le projet de centre interjurassien d’expression des arts et de la scène arrive à son terme à la fin du mois. Pour l’instant, il y a peu d’opposants officiels: seule la section du Jura bernois du Parti évangélique a exprimé son rejet du CREA en l’état actuel. Le débat de demain pourra être l’occasion de confronter les avis, pour autant que les éventuels opposants sortent du bois.
 
 
Des oppositions en coulisse
 
Car personne n’est dupe: Dans le Jura bernois, nombre de voix s’élèvent contre le CREA, mais en coulisse pour l’instant. Deux motifs à cela: la clé de répartition financière du projet et son lieu d’implantation. Pourquoi est-ce que Berne et le Jura se partageraient la facture en son juste milieu si le centre d’expression artistique est à Delémont?
Germain Meyer est membre du forum interjurassien de la culture. Il analyse la situation de manière pointue et complète dans la dernière édition du magazine culturel Les Planches. Il évoque aussi le problème politique: Nombre de personnes pensent que voir le CREA implanté à Delémont est une manière d’enterrer le projet. Pourquoi faire ce cadeau aux «séparatistes», affirment certaines voix?
Dans la foulée, le maire de Bévilard, Paolo Annoni, a fait une proposition: Le CREA pourrait investir le site de Schäublin. Sur ce point-là, la ministre jurassienne de la culture, Elisabeth Baume-Schneider, joue la carte de l’apaisement. Elle indique que cette proposition est à étudier, qu'elle est intéressante. Mais rappelle aussi que le rapport Duport sur le CREA privilégie l'implantation du centre dans un milieu urbain.

1367 signatures en faveur du CREA

Les acteurs culturels de la région ont par ailleurs lancé un manifeste de soutien au CREA. Ils ont récolé 1367 signatures à ce jour, dans toute la Suisse romande. Ces personnes tiennent vraiment à ce que, cette fois-ci, le projet aille jusqu’au bout. Le commentaire de Lise Bailat.
 

Ce n’est pas le dernier moment, mais le bon moment. Responsables politiques, économiques, touristiques et culturels sont d’accord: un grand centre interjurassien d’expression des arts et de la scène est un projet cohérent, avec des objectifs louables. C’est un besoin aussi. Pour le développement de la région, pour le bien-être de la population. Car la culture ne représente pas juste un luxe de bobos élitistes, elle se veut facteur de vie, de développement personnel,  nourriture de l’âme.

C’est le bon moment, pour arrêter de calculer la réalisation d’un centre en kilomètres, comme j’ai pu l’entendre dernièrement: "Moutier, c’est plus prêt de Saint-Imier que Delémont." " Delémont, plus prêt de Boncourt que Moutier,etc..."  En milieu urbain, de Lausanne à Lausanne par exemple, les amateurs de culture, peuvent devoir faire 30 minutes de bus pour aller au théâtre.

C’est le bon moment. De montrer que ce coin de pays est capable d’évoluer et de surpasser l’infection qui le ronge: ses broutilles régionalistes. /lb...

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