La coopération jurassienne au Cameroun partiellement bloquée

Depuis le mois dernier, le Gouvernement jurassien retient les fonds destinés aux projets menés à Obala, une ville située à cinquante kilomètres de la capitale camérounaiseYaoundé. Des projets mis en veilleuse depuis le mois d’août. Des lettres ont même été envoyées d’Afrique à des personnalités politiques jurassiennes pour dénoncer une mauvaise gestion du projet et des fonds affectés. Le délégué à la coopération jurassienne se rendra au mois de février au Cameroun pour faire le point. Suite à quoi, les fonds pourront certainement être débloqués et les projets reprendre.
 
Des témoignages contrastés

L’affaire n’est pas aisée. Difficile de savoir exactement ce qui se passe au Cameroun. Tout d’abord, parce que c’est loin, mais surtout parce qu’on a affaire à une culture totalement différente de la notre, que l’on ne peut appréhender dans sa totalité.

Pour en savoir plus, nous avons toutefois approché des Jurassiens qui ont vécu au Cameroun, qui ont visité les projets aujourd’hui malmenés ou qui les ont approchés. Notre premier interlocuteur souhaite rester anonyme. Il a habité durant quatre ans près d’Obala, dans le district où le canton du Jura a crée une école d’agriculture et mène un projet de radio communautaire. Ce Jurassien relève que sans connaître particulièrement ces projets, il s’interroge sur plusieurs points, mais surtout sur l’utilité d’une école d’agriculture pour des personnes qui ne possèdent aucunes terres. Cet interlocuteur estime qu’il est très difficile d’aider la population camerounaise de manière efficace.

Un autre Jurassien, Martial Courtet, est parti au Cameroun, près d’Obala, en 2005 dans un cadre humanitaire. Pour lui, la question du contrôle sur place est primordiale. Il pense que sans une personne fixe au Cameroun, la coopération est presque impossible.
 
Les réponses de Stéphane Berdat
 
Le délégué jurassien à la coopération, Stéphane Berdat, souhaite répondre à ces diverses remarques. En matière d'efficacité, il note  que l’école d’agriculture doit déboucher dans les années à venir sur un accès aux terres pour les personnes formées. Par rapport aux lettres, il est convaincu qu’il s’agit de simple vengeance de la part d’un ancien directeur de projet licencié pour avoir établi de fausses factures. Les lettres, en notre possession, semblent effectivement le prouver. Reste la question du contrôle. Sur ce point-là, Stéphane Berdat est clair: un décompte budgétaire mensuel lui parvient, la coopération jurassienne visite les projets camérounais plusieurs fois par an, et la DDC participe et supervise également les dossiers jurassiens.
 
L'avis du ministre de la coopération, Michel Probst

Enfin, face à cette affaire, le ministre de la coopération, Michel Probst, a auditionné le délégué jurassien à la coopération. Nous lui avons demandé si ce n’était pas agir avec légèreté que de n’entendre qu’une personne, sachant que les lettres de critiques étaient signées et munies de numéro de téléphones camérounais. Michel Probst se défend: il a appelé également Walter Füst, le directeur de la DDC et a reçu aujourd'hui même une lettre lui annonçant que les bisbilles sont en train de se résoudre au Cameroun. Le ministre jurassien note encore que ce genre d’affaire est loin d’être rare dans le monde de la coopération. Il se dit confiant: suite à la visite du délégué en février, les fonds pourront certainement être débloqués et les projets jurassiens au Cameroun reprendre. /lb

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