Le chantier du projet Mont-Terri pourrait reprendre

Construire une digue pour contrer d’éventuelles chutes de pierres. C’est la solution à court terme envisagée au-dessus des Fours à Chaux à St-Ursanne. Le canton du Jura annonçait lundi une interdiction d’accès au site, en raison de risques d’éboulement. Ce qui a stoppé le chantier de construction du pavillon du projet Mont-Terri (ici le laboratoire souterrain), et le travail quotidien des géologues dans les bureaux situés dans cette zone. La décision suspend également toutes les manifestations festives ou culturelles qui devaient se tenir dans les Fours à Chaux prochainement.
 
 
Des mesures à court terme pour reprendre le chantier
 
L’Office jurassien de l’environnement a rencontré mercredi les géologues de Swisstopo, c’est-à-dire l’Office fédéral de topographie, qui gère le laboratoire. Le chef de l’Office de l’environnement, Jacques Gerber, précise que les spécialistes présents ont tous reconnu la qualité carte des dangers qui a conduit à la fermeture du site. A l’issue des discussions, une solution a toutefois été esquissée pour que les travaux de construction du pavillon d’accueil, censé être inauguré en septembre, puissent reprendre. Il s’agirait notamment de construire une digue, qui permettrait de couper l’énergie d’un bloc de pierre qui viendrait à tomber. L’adoption de mesures garantissant la sécurité des travailleurs est une condition sine qua non pour que le gouvernement autorise la reprise du chantier.
 
 
Pas de responsabilité cantonale pour les travailleurs de Swisstopo
 
Par ailleurs, les géologues de Swisstopo pourraient continuer à travailler dans leurs bureaux, non loin de là. "Nous avons affaire à des spécialistes qui connaissent très bien la thématique des dangers naturels, et spécifiquement celle des chutes de pierres, explique Jacques Gerber. Le canton va demander, au besoin, une décharge de sa responsabilité si ces gens veulent continuer de travailler sur le site."
 
 
Interdiction de manifestations maintenue, groupe de travail formé
 
Il n’est toutefois pas question, pour l’heure, d’envisager l’exploitation du pavillon, ni l’autorisation de manifestations festives ou culturelles dans les Fours à Chaux. Jacques Gerber explique que dans ces cas-là, le public n’est pas cadré aux alentours, et qu’il est impossible de s’assurer que les gens ne se rendent pas dans des zones qui présentent un risque élevé d’éboulement. Mais un groupe de travail a été mis sur pied pour analyser plus en détails les risques d’éboulement. Il est chargé de proposer des mesures à moyen et long termes pour diminuer ces risques.
 
 
Rapport final présenté fin janvier
 
La version finale du rapport qui place le site en zone rouge a été publiée fin janvier. Pourquoi, dans ce cas, l’information n’est-elle communiquée que près de trois mois plus tard? Jacques Gerber indique que le Jura n’est pas un canton familier de la thématique des chutes de pierres, tel que pourrait l’être le Valais par exemple. "On n’a pas la routine, on n’a pas les processus mis en place, relève-t-il. Ceci dit, il faut quand même préciser que nous sommes face à une décision du gouvernement, il faut donc respecter le processus interne à l’administration pour prendre une décision de cet ordre. (…) Il fallait considérer la problématique dans sa globalité, ce qui a nécessité un certain temps, il est vrai, pour prendre cette décision." /lbe
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