Condor a les ailes brisées

«Préoccupante.» Le terme est adéquat pour qualifier la situation économique de Condor-FAST SA Aerospace. Notre rédaction s’est procurée un extrait du registre des poursuites. Les chiffres parlent d’eux-mêmes: depuis novembre 2008, les créanciers s’accumulent.

Sur le document officiel, on dénombre en tout plus de 50 créances. La somme est conséquente: le total des poursuites dépasse 1'500'000.-francs. Condor a fait opposition pour un tiers d’entre elles, et selon un membre de la direction de l’entreprise, rencontré vendredi matin, un autre tiers aurait été payé, pour partie deux jours auparavant. Resterait un montant de 470'000 francs.
 
En grande majorité, les créances sont datées de ces neuf derniers mois. Période durant laquelle l’entreprise a fonctionné au ralenti. Elle a notamment perdu un contrat pour des axes de véhicules militaires, au profit d’un fournisseur étranger. Un projet de lits d’hôpital pour avion a également connu de grandes difficultés dans sa réalisation.
 
 
Les machines ne tournent plus
 
Aujourd’hui, la production de Condor est au point mort, et le résultat économique en témoigne: selon nos informations, cet ancien fleuron de l’industrie a enregistré une perte de presque 2'000'000 de francs pour le seul premier trimestre de cette année. Un chiffre que la direction ne confirme pas, mais n’infirme pas non plus.
 
Christian Humbert, directeur des opérations de Condor, regrette que ces chiffres soient rendus publics. Il craint que cela ne porte préjudice à l’avenir de l’entreprise. Il ne dément pas que Condor connaît de grandes difficultés financières, qui ont motivé les derniers licenciements. Il confirme qu’en ce moment la production est quasiment au point mort.
 
Mais malgré cela, Christian Humbert veut rester optimiste. Pour lui, la nouvelle direction, en place depuis avril, est en train de restructurer la société pour lui donner un nouvel élan.

 
Unia Transjurane craint de nouveaux licenciements
 
Du côté du syndicat, on confirme que certains éléments sont inquiétants. Le secrétaire général d’Unia Transjurane affirme qu’ «on peut oublier le Condor d’autrefois». Pierluigi Fedele craint fortement une prochaine charrette de licenciements la semaine prochaine. Condor ne veut pas faire de commentaire à ce sujet.
 
Par la suite, Unia Transjurane veut poursuivre les discussions. Le syndicat a demandé une réunion entre les différents partenaires, pour tirer au clair la question d’une violation éventuelle de la convention collective de travail. /cad
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