Des crèches dans les homes, des homes dans les crèches

Faire des crèches et des homes des lieux intergénérationnels : c’est l’idée formulée dans une motion du groupe CS-POP + Verts au Parlement jurassien. Le texte demande qu’à l’avenir, le canton implante les crèches dans les établissements médico-sociaux, ou qu’il donne en tout cas un élan fort à ce concept.
 
 
Des échanges enrichissants pour tous
 
L’instigatrice de la motion est la députée suppléante des Verts Emmanuelle Schaffter. Elle est elle-même témoin, dans le cadre de son travail à la résidence La Promenade à Delémont, de ce que la présence d’enfants peut apporter aux seniors, lorsque des classes d’école visitent les personnes âgées. Pour elle, chacune des deux générations a beaucoup à gagner dans ces échanges : des conseils et des histoires de vie pour les enfants, des rires et de la spontanéité pour les seniors, pourraient également retrouver un sentiment d'utilité. Elle cite dans cet esprit le chanteur et poète québécois Félix Leclerc, qui disait ceci : « Durant l’absence de pluie, ce sont les jeunes arbres qui jaunissent les premiers. Les vieux ont des cachettes souterraines qu’on appelle expérience. »
 
 
Le bon moment
 
Dans la perspective de la rénovation de la résidence La Promenade à Delémont, et du projet de création d’appartements protégés pour personnes âgées à la Jardinerie, Emmanuelle Schaffter trouve le moment opportun pour mettre en place ce système. Des structures d'accueil pour enfants pourraient être aménagées dans chacun des deux bâtiments, afin de desservir le haut comme le bas de la capitale. Mais la députée suppléante aimerait voir l’idée étendue à tout le Jura. Concrètement, la motion demande que le canton implante des crèches dans les homes, ou du moins qu’il donne un élan fort à ce concept.
 
 
Une question sociale, et non politique
 
L’écologiste estime en outre qu’il ne s’agit pas là d’une question politique, même si la proposition vient de gauche. Selon elle, créer des ponts entre les générations et éviter l’exclusion et les « ghettos » de personnes âgées constitue un véritable choix de société. Cela relève « du bon sens, de l’humanité », dit-elle. Emmanuelle Schaffter relève encore que « ça ne coûte absolument rien, c’est juste un concept de société ». /lbe
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