Le Jura confirme son offre d’accueil

Au nom du Gouvernement jurassien, son Président Charles Juillard a confirmé ce mardi la disponibilité du canton du Jura pour accueillir à titre humanitaire les deux frères ouïghours ex-détenus de Guantanamo.
 
Flanqué du chef du Service de la population, Jean-Marie-Chèvre et du chef de l’Information et de la communication, Pierre-Alain Berret, Charles Juillard a précisé devant la presse régionale et nationale les raisons de cette décision.
 
Une étude approfondie
 
Après un examen minutieux des documents que lui ont remis le 21 janvier les autorités fédérales et après avoir pesé les intérêts en présence et les enjeux pour la République et Canton du Jura, le Gouvernement a renouvelé son offre à caractère humanitaire. Il entend faire preuve d’esprit d’ouverture.
 
Pour le Gouvernement jurassien, les deux ex-détenus ne méritent pas le sort qui leur est réservé depuis presque 8 ans. Un courrier en ce sens a d’ailleurs été adressé à la cheffe du Département Fédéral de Justice et Police, Evelyne Widmer-Schlumpf.
 
Le Gouvernement a longuement étudié les besoins logistiques que mérite une telle disponibilité. Il faut pouvoir s’occuper de ces deux anciens prisonniers de Guantanamo, leur assurer le soutien indispensable après toutes ces années de détention. L'aspect sécuritaire a aussi été examiné afin de mesurer quelle hauteur de risque représentait une telle présence dans le Jura, en particulier afin d’éviter tout problème aux personnes qui habiteraient aux alentours.
 
Un accueil pour une bonne intégration
 
Les deux frères Ouighours seront mis au bénéfice d’une autorisation de séjour du type permis B pris sur le contingent fédéral. Il leur sera délivré un passeport pour étranger. Ils ne seront pas considérés comme des demandeurs d’asile et des réfugiés et ils auront les mêmes droits et devoirs qui vont avec un permis B. Ils auront la possibilité de se mouvoir sur l’ensemble du territoire suisse. En revanche, ils devront demander et obtenir un visa pour se rendre dans le pays étranger qu’ils veulent éventuellement visiter.
 
Les deux frères Ouïghours se sont dits disposés à apprendre la langue du pays qui les accueillera, une condition fondamentale pour s’intégrer explique Charles Juillard. Les deux anciens détenus ont une formation de base de cordonnier, il s’agira maintenant de les intégrer dans les différents réseaux de la région afin qu’ils puissent entreprendre une nouvelle formation. Selon le Président du Gouvernement, les informations sur l’état de santé des deux ressortissants chinois sont contradictoires.
 
Tout est presque réglé
 
Les conditions d’accueil dans le Jura ne sont pas encore réglées dans le détail pour l’instant. L’Association jurassienne des migrants aura à s'occuper de deux personnes supplémentaires, les locaux et le personnel sont à disposition pour le permettre et la communauté Ouighour de Suisse s’est déjà mise à disposition. Les normes d’accueil en matière d’asile seront appliquées. L’intégralité des frais liés à l’accueil des deux Ouïghours sera prise en charge par la Confédération.
 
Le Gouvernement jurassien attend désormais la décision du Conseil fédéral qu’il souhaite dans les plus brefs délais même si Charles Juillard précise que ce n’est pas à l’exécutif jurassien de fixer le calendrier du Conseil fédéral. En cas de feu vert, aucune date n’a été fixée pour l’instant pour l’arrivée des deux Ouïghours. Le Ministre de la Justice fait confiance aux Jurassiens pour leur sens de l’accueil, ces deux êtres humains ne doivent pas être considérés comme des bêtes de foire.
 
Une nouvelle chance
 
Le dernier mot dans ce dossier reviendra à la Confédération qui doit aujourd’hui répondre aux éventuels obstacles diplomatiques que cela peut poser avec les Etats-Unis et la Chine. Charles Juillard précise aujourd’hui qu’il n’a pas d’indice que l’accueil des deux frères pourrait mettre en péril les relations économiques entre la Chine et la Suisse.
 
Pour le Président du Gouvernement jurassien, l’offre faite par le Jura est conforme au droit et à la tradition humanitaire de la Suisse. Les deux personnes concernées risquent leur vie si elles restent dans leur pays ou en prison si elles restent aux Etats-Unis rappelle Charles Juillard.
 
Selon lui, il faut désormais leur proposer un avenir qui leur permette d’assurer leur propre destinée le plus rapidement possible, de se reconstruire et se forger une nouvelle identité. /gkl
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