Le retour du projet de grand canal en France voisine

Une étude rendue publique, en début de semaine en Alsace, tente de démontrer l’intérêt d’un nouveau projet de canal à grand gabarit entre la Saône et le Rhin. La présentation de cette étude a ravivé de plus belle l'opposition de nombreux élus de Franche-Comté alors que le bouclement financier du TGV n’est pas terminé.
 
Pour mémoire, le projet de canal Rhin-Rhône à grand gabarit consistait à l’époque à établir une liaison de 229 km entre Mulhouse et la Saône. Ce projet, dont l’un des principaux promoteurs fut l’ancien premier ministre Raymond Barre, avait été abandonné en 1997, sur décision de l’un de ses successeurs à Matignon, un certain Lionel Jospin. C'est d'ailleurs cette année-là, que le canton du Jura s'était séparé de terrains qu'il détenait dans le port de Bourogne, entre Delle et Belfort.
 
Un intérêt économique important
 
Ce canal Saône-Rhin à grand gabarit, qui irait de Mulhouse à Dijon, en passant par Belfort et Vesoul pourrait transporter de 11 à 19 millions de tonnes de marchandises en 2025. C’est en tout cas le potentiel mentionné dans l’étude préliminaire socio-économique présentée à Colmar par son principal commanditaire, le conseil général du Haut-Rhin.
 
Selon son président Charles Buttner, la liaison Saône-Rhin permettrait de créer 50.000 emplois et d'en préserver 20.000 autres dans les trois régions traversées d'Alsace, de Franche-Comté et de Bourgogne. Ce grand canal réduirait de 10% le trafic routier sur l'axe Rhin-Rhône, soit 1000 poids-lourds par jour. Le nouveau projet présenté lundi coûterait près de 15 milliards de francs.
 
Levée de bouclier en Franche-Comté
 
Cette étude suscite depuis le début de la semaine de nombreuses réactions en Franche-Comté. De nombreux élus et autres représentants d'associations dénoncent la volonté de relance d’un tel projet alors que la deuxième phase de la branche-est du TGV Rhin-Rhône n’est pas encore bouclée financièrement tout comme la réouverture de la ligne ferroviaire Delle-Belfort.
 
Pour rappel, la République et canton du Jura s’était séparé en 1997 de plusieurs terrains qu’elle possédait au port de Bourogne. A l’origine, ces terrains avaient été achetés par le canton de Berne qui voulait avoir un pied au bord du grand canal. Ces terrains ont été cédés plus tard dans le cadre du partage des biens avec le canton du Jura qui les a échangés en 1997 pour quelques hectares en zone industrielle à la Queue au Loup entre Delle et Boncourt. /gk
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