Les détracteurs de la décharge de Soyhières se manifestent

«Soyhières n’est pas un trou ! Stop aux décharges.» Le slogan donne le ton au tout-ménage envoyé mardi aux habitants de la commune. Un comité composé d’une dizaine de citoyens et appuyé par le WWF refuse le projet de DCMI 2, décharge contrôlée de matières inertes.

Il dénonce le manque de communication et de transparence des autorités. Après avoir reçu les compétences pour faire avancer le projet, le conseil communal a mis deux ans avant d’apporter des renseignements sur cette nouvelle décharge.
 

Ne pas sacrifier le patrimoine naturel à des intérêts financiers

Les membres du comité estiment qu’à l’unique argument pécuniaire avancé par les autorités s’oppose tout un cortège de nuisances, du bruit à la poussière, ainsi qu’une dévaluation du parc immobilier du village. Pour les propriétaires du domaine viticole Blattner notamment, qui base sa production sur une culture écologique, l’implantation de cette décharge causerait d’importants dommages à la valeur et l’idéologie de leur exploitation.
 

Bonfol bis ?

Ce groupe de citoyens a également en mémoire que les promesses n’ont pas toutes été tenues dans le cas de la DCMI 1, notamment en ce qui concerne le raccordement des eaux de ruissellement à la STEP ou la mise en place d’une clôture. Mais c’est surtout la toxicité des produits qui pourraient être stockés qui inquiète ce groupe de citoyens. Sa responsable Sonia Burri-Schmassman relève que ces matières inertes sont susceptibles de contenir de l’amiante ou des résidus bitumeux chargés en hydrocarbures aromatiques polycycliques.
 

Un projet en contradiction avec le plan directeur cantonal

Le WWF remet quant à lui en question la légitimité d’une implantation de cette envergure à cet endroit. Il s’appuie sur le plan directeur cantonal, et plus précisément sur le plan directeur des décharges, pour affirmer que le projet ne se justifie pas. Il ne répondrait pas aux exigences de distance, de volume et comporterait une part trop importante de déchets provenant de l’extérieur du canton.
 

Demander l’avis de la population

Le comité estime qu’un vote populaire serait plus représentatif de la volonté de la population qu’une décision prise en assemblée. Il compte profiter de l’assemblée communale de mardi soir pour proposer qu’un point soit ajouté à l’ordre du jour de la prochaine assemblée. Les citoyens pourraient alors décider ou non d’une votation sur la décharge. /iqu

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