Une maladie mortelle touche les chevaux de la région

Une maladie inhabituelle touche les chevaux de la région. La myoglobinurie atypique s’est répandue à la fin des années 90 et au début des années 2000, particulièrement dans les pays du nord de l’Europe.
 
Des cas isolés et sporadiques ont également été observés en Suisse, dans notre région, ces dernières années. Mais pour la première fois cet automne, la maladie fait beaucoup plus de dégâts: une douzaine de chevaux ont été atteints aux Franches-Montagnes la semaine dernière. Un seul en a guéri, au prix d’un lourd traitement. La situation semble s’être calmée cette semaine.
 
 
Une maladie mal connue des scientifiques
 
Il faut dire que l’origine de cette maladie est largement méconnue. Il ne s’agit pas d’une épizootie: la myoglobinurie atypique serait provoquée par une toxine, et non par un virus, elle n’est donc pas contagieuse. Elle se développerait dans certaines conditions climatiques: brusque changement de température, temps froid et humide, souvent pendant l’automne - exactement les conditions qui régnaient chez nous la semaine dernière. Ce phénomène explique donc que plusieurs chevaux soient touchés sur la même pâture, même s’ils ne se contaminent pas entre eux.
 
 
Une mort fréquente et très rapide
 
La myoglobinurie atypique est aiguë. Elle touche principalement de jeunes chevaux. Les bêtes, jusque là bien portantes, présentent en quelques heures seulement des raideurs très marquées, ou sont même déjà à terre, paralysées. Si on a l’occasion d’observer leurs urines, on constate qu’elles sont très foncées, comme du thé noir. Selon divers témoignages recueillis sur des sites spécialisés, l'issue est mortelle dans 80 à 90% des cas. Le décès survient dans les 12 à 72 heures.
 
 
Pas de traitement connu
 
On ignore donc actuellement comment prévenir et soigner cette maladie. Comme elle est relativement peu fréquente, elle ne constitue pas une priorité pour les entreprises pharmaceutiques. Tout ce que peuvent conseiller les vétérinaires, c’est de fermer, dans la mesure du possible, les pâtures sur lesquelles des chevaux ont été atteints, et de garder les bêtes à l’écurie jusqu’à la fin de l’année.
 
Le vétérinaire cantonal jurassien Clément Saucy indique qu’il ne s’agit pas d’une maladie à déclaration, c’est-à-dire que les propriétaires de chevaux n’ont pas l’obligation de la signaler aux services vétérinaires cantonaux. A la question de savoir si cette maladie s’est installée chez nous définitivement, Clément Saucy indique qu’il est impossible de le savoir. /lbe
Partager
Link
Météo