Haro sur le plan hospitalier à Porrentruy

La séance mise sur pied par le comité d’initiative «pour la sécurité sanitaire» aura fait salle comble ce mercredi soir à Porrentruy. En collaboration avec l’Association de défense de l’Hôpital de Porrentruy, les organisateurs ont réuni plus de 200 personnes, toutes acquises au rejet du plan hospitalier adopté le 18 février par le Parlement jurassien.
 
Des critiques sévères
 
Durant plus de 2 heures, les différents intervenants ont expliqué à l’assistance tout le mal qu’ils pensaient des mesures adoptées par les députés jurassiens. La motion radicale votée la semaine passée et qui complète le plan hospitalier, en ce qui concerne notamment les urgences, n’a pas non plus, trouvé grâce à leurs yeux.
 
Pour la présidente du comité d’initiative, Jacqueline Henry Bédat, les projets votés par le Parlement sont contraires à l’intérêt général. Elle a aussi annoncé la création prochaine d’une association des patients du Canton du Jura, qui aura pour mission de défendre leurs intérêts.
 
Le Dr Philippe Wacker, président de l’association de défense de l’hôpital de Porrentruy, n’a pas ménagé ses critiques à l’encontre des autorités cantonales. Selon lui, on en est encore à l’âge de pierre en matière d’urgence dans le Jura et en particulier en cas d’accident sur l’A16. Il faut aussi arrêter avec l’«hospitalocentrisme». Les réformes engagées partent d’un a priori politique selon Philippe Wacker qui ajoute que «l’Etat n’a rien à foutre du citoyen ajoulot».
 
Un auditoire acquis à la cause
 
Ces propos ont suscité des applaudissements nourris, dans la salle qui n’a pas manqué, non plus, de critiquer les décisions prises récemment par le Parlement. «Delémont est un grand village qui se prend pour une capitale» a-t-on entendu, «les politiques ne sont plus compétents pour donner des ordres» ou encore «s’il y avait des élections aujourd’hui, aucun député ajoulot ne serait réélu».
 
Deux membres de la direction de l’Hôpital du Jura ont assisté à cette séance d’information. Le Dr Michel Brünisholz, président du Collège médical, et le Dr Jean-Luc Crevoisier, médecin-chef du service de médecine interne, ont bien voulut répondre aux questions qui leur ont été posées par l’assistance, mais ils ont été quelque peu chahutés.
 
Information et résolution
 
Les participants à cette soirée d’information ont pu aussi écouter l’exposé du Dr Patrick Dellabianca, un médecin généraliste valaisan, qui est à l’origine d’un système d’urgence de proximité, destiné à couvrir les zones qui n’étaient pas desservies correctement en Valais.
 
En fin de séance, une résolution en douze points a été adoptée par acclamation. Elle conteste notamment la teneur du plan hospitalier et déplore l’acharnement des instances dirigeantes de l’Hôpital du Jura et du Service de la Santé à centraliser sur un seul site les soins de médecine aiguë. /gk
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