Le Doubs se meurt-il ?

La situation du Doubs préoccupe le groupe CS-POP + Verts au Parlement jurassien. Le député Christophe Schaffter dépose une interpellation. Il y dénonce l’impact grandissant de l’homme sur la rivière.

Son intervention est motivée, entre autres, par la découverte de poissons morts au début de l’année. Les analyses qui doivent en déterminer les raisons sont toujours en cours. Christophe Schaffter demande aux autorités d’aller plus loin et plus vite dans leurs réflexions sur ce qu’il qualifie de "désastre".
 
 
Plusieurs acteurs mis en cause
 
"Le Doubs… qui trop en parle mal l'étreint…" Par ce titre, le député CS-POP dénonce l’attitude de plusieurs acteurs vis-à-vis du cours d’eau. Il reproche par exemple aux promoteurs du Parc naturel régional du Doubs de soutenir "des politiques qui augmentent les impacts sur la rivière", tout en se "réfugiant derrière la barrière politiquement correcte du développement durable pour quémander le soutien financier de la Confédération et du canton". Christophe Schaffter pointe aussi du doigt les vendeurs d’électricité "qui se cachent derrière des réglementations ordinaires en tous genres pour justifier leurs éclusées meurtrières et lucratives". Les agriculteurs, pour leurs pesticides, et les forestiers, pour leurs produits phytosanitaires, sont également mis en cause.
 
 
«Il est grand temps de prendre des mesures»
 
Du côté des autorités, poursuit le député, "personne ne comprend le désastre". A notre micro, il déclare: "Il est grand temps de prendre des mesures, même contraignantes, fortes." Pour lui, "le Gouvernement doit investiguer pour savoir qui est responsable de quoi dans le massacre actuel des poissons et dans la surexploitation. Il y a en tout cas 10 à 15 ans que le barrage du Châtelot pose de gros problèmes. (...) Ça suffit, c'est insupportable à la longue."

Christophe Schaffter suggère en outre la mise en place d’ "états généraux du Doubs", avec tous les acteurs concernés, afin de "sauver ce qui peut encore l’être". Par ailleurs, l’avocat demande au Gouvernement s’il envisage des procédures en responsabilité pénale et civile pour punir les responsables du désastre. "Les dispositions fédérales en la matière sont très claires, explique le député. Lorsqu’un simple citoyen coupe un arbre, il peut être poursuivi." Selon lui, il n’y a pas de raison que ce ne soit pas le cas pour le Doubs. /lbe

Partager
Link
Météo