Affaire de mœurs: parole à la défense

La défense a présenté mercredi ses arguments dans une affaire de moeurs à la Cour criminelle à Porrentruy.
 
«Un prédateur lâche», «pervers sexuel», «manipulateur hypocrite»... L'accusation n'a pas été tendre mardi. Elle a requis une peine de 8 ans de prison contre un homme prévenu de contraintes sexuelles et viols sur 3 filles, dont deux sœurs. L'une d'elle avait 14 ans au moment des faits.
 
Mercredi matin, changement de ton. « Je suis sidéré ». Telle a été la réaction de l’avocat de la défense après le réquisitoire de la veille. Pour lui, on a dépeint un portrait scandaleux du prévenu qui «mérite le prix de l’imagination, tellement il est sans fondement».
 
«Un charmeur, oui il l’est. Un séducteur aussi, mais toujours respectueux. Il n’est pas homme à forcer ou imposer des actes aux femmes qui l’entourent. Ce sont elles qui vont à lui».
 
La défense a ensuite tenté de casser l’image des plaignantes brisées, isolées et mal dans leur peau. Il a produit une photo de l’une d’elle heureuse, et a ajouté que sa sœur avait de nombreux amis sur Facebook, preuve de sa sociabilité.
 
Pour lui, les plaignantes jouent la comédie. Elles ont changé trop souvent leur version des faits pour être crédibles : «leurs souvenirs s’évaporent et leurs réponses sont brumeuses».
 
Il ajoute que les deux sœurs et leur amie sont proches, et que l’affaire ressemble à un complot et à un règlement de compte. Pour éviter une erreur judiciaire, il invoque la présomption d’innocence et demande que son client soit libéré de toutes les charges et reçoive 10'000 francs de dédommagement.
 
La prison pour 8 ans ou l’acquittement. Deux extrêmes entre lesquels les juges doivent maintenant se situer. Le verdict est attendu en fin d’après-midi. /cad
Partager
Link
Météo