Accord de Lausanne: pas d'effet immédiat sur le pétrole iranien

Accord de Lausanne: pas d'effet immédiat sur le pétrole iranien

Photo: Keystone

Le retour à la normale des exportations iraniennes de pétrole n'interviendra pas avant 2016. L'accord d'étape annoncé jeudi dans les négociations sur le programme nucléaire de Téhéran devrait toutefois améliorer la situation à moyen terme.

L'accord conclu à Lausanne prévoit que les sanctions actuelles restent en place jusqu'à ce que les grandes puissances aient l'assurance que l'Iran se conforme aux nouvelles dispositions. Il donne aux négociateurs jusqu'au 30 juin pour parvenir à un règlement définitif.

Les cours du brut ont plongé de 5% à l'annonce de cette avancée. Mais ils regagnaient près de 3% lundi en raison du sentiment que l'accord de Lausanne ne changera rien à court terme.

Cinquième producteur mondial

La vérification de l'application de l'accord prendra 'probablement des mois après la mise en oeuvre de la convention qui risque elle-même de manquer l'objectif du 30 juin', tempère Bob McNally, président du cabinet de consultants Rapidan Group et ancien conseiller du président George W. Bush.

L'Iran était jadis le cinquième producteur mondial de pétrole. Les sanctions américaines et européennes, en vigueur depuis 2012, concernent quelque 1,5 million de barils par jour de pétrole iranien.

'Il faudra du temps pour que le pétrole iranien revienne sur le marché mondial, pas avant 2016 au plus tôt', confirme Jason Bordoff, fondateur du Centre de politique énergétique à l'Université de Columbia et ancien conseiller du président Barack Obama.

L'OPEP ravie

Ce délai ne pourra que satisfaire l'Arabie saoudite, l'Irak et d'autres membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP). Ces derniers craignaient qu'un retour rapide de l'or noir iranien vienne encore aggraver la situation d'offre excédentaire sur le marché mondial, responsable de la chute de moitié des cours depuis l'été dernier.

Mais l'accord de Lausanne renforce aussi les incertitudes à l'approche de l'été. L'OPEP tiendra le 5 juin sa première réunion ministérielle depuis qu'elle a décidé en novembre dernier de maintenir ses niveaux de production. Sa décision a précipité la chute des cours.

Depuis lors, la demande mondiale a progressé plus que prévu alors que la croissance de la production américaine de pétrole de schiste ralentit fortement. Lors de sa réunion, l'OPEP devra aussi prendre en compte ces deux éléments.

/ATS
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