Agriculture: les coupes budgétaires divisent le camp bourgeois

Agriculture: les coupes budgétaires divisent le camp bourgeois

Photo: Keystone

La Confédération doit épargner, mais pas sur le dos des paysans: UDC, PDC et PBD s'opposent aux mesures d'économies prévues dans l'agriculture. Les partis bourgeois ne sont pas unis, car le PLR soutient les coupes annoncées. Le PS voit aussi un potentiel d'épargne.

La Confédération veut mettre à disposition de l'agriculture 13,041 milliards de francs pour les années 2018-2021, soit environ 750 millions de moins que prévu. En novembre, des milliers de paysans avaient manifesté leur colère contre ce plan d'économies. Ils sont soutenus à Berne par deux partis gouvernementaux, l'UDC et le PDC.

Mais les formations bourgeoises se retrouvent une fois de plus divisées lorsqu'il s'agit d'agriculture. Le PLR soutient les coupes budgétaires: les dépenses de la Confédération doivent baisser, il faut faire des efforts dans tous les domaines, écrivent les libéraux-radicaux en réponse à la procédure de consultation qui prend fin jeudi. Et l'agriculture ne saurait être une exception.

Objectifs de l'agriculture menacés

L'Union démocratique du centre, le Parti démocrate-chrétien et le Parti bourgeois-démocratique ne l'entendent pas de cette oreille. Les agriculteurs gagnent aujourd'hui beaucoup moins que les employés d'autres branches économiques. De plus, l'agriculture n'est pas responsable de l'augmentation des dépenses fédérales, fait valoir l'UDC.

Et le PDC de souligner qu'il s'agit du seul secteur dans lequel les enveloppes seront réduites. Dans tous les autres, des augmentations budgétaires sont prévues, même si certaines sont de moindre ampleur qu'initialement annoncé.

En outre, la politique agricole 2014-2017 a apporté de grands changements, dont certains sont toujours en cours. Une diminution des contributions hypothéquerait les objectifs qui ont été fixés, avertissent de concert PDC, UDC et PBD.

Potentiel d'économies

Le Parti socialiste et les Vert'libéraux voient quant à eux un potentiel d'économies, notamment dans une catégorie des paiements directs, les contributions à la sécurité de l'approvisionnement: celles-ci incitent à la surproduction, estiment les Vert'libéraux.

En revanche, les deux formations refusent de couper dans les contributions à la biodiversité et à la qualité du paysage. De telles réductions auraient un impact complètement disproportionné sur les régions de montagne, écrit le PS, qui demande de tailler plutôt dans les contributions à la sécurité de l'approvisionnement.

Ouverture du marché

Les agriculteurs rejettent catégoriquement le plan d'économies du Conseil fédéral. L'Union suisse des paysans (USP) reproche au gouvernement de ne pas tenir parole. Les prestations demandées aux agriculteurs demeurent identiques pour 2018-2021, souligne l'USP, les contributions à l'agriculture doivent dès lors rester au même niveau. Les Producteurs suisses de lait ont la même exigence.

L'alliance agraire, groupement de 17 organisations de consommateurs, de la protection de l'environnement et des animaux ainsi que de l'agriculture, se prononce aussi contre les coupes. Elles sont d'autant moins raisonnables que le Conseil fédéral table sur une certaine ouverture du marché agricole.

Plusieurs cantons soutiennent également les paysans. Le plan d'économies remet en cause la crédibilité, la durabilité et la prévisibilité de la politique agricole, selon le gouvernement cantonal bernois. Et celui des Grisons craint des répercussions économiques négatives dans le canton.

Si à l'issue de cette procédure de consultation, le Conseil fédéral choisit de maintenir son plan d'économies, il peut s'attendre à un débat de longue haleine au Parlement. Au moment d'aborder le budget 2016, en décembre dernier, les députés ont bataillé à propos des subventions à l'agriculture, et c'est le lobby paysan qui l'a emporté.

/ATS
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