Amiante: une table ronde pour aider financièrement les victimes

Une table ronde devra trouver des solutions pour aider financièrement les malades de l'amiante. Le Département fédéral de l'intérieur (DFI) a établi cet organe, approuvé mercredi par le Conseil fédéral. Présidé par l'ancien ministre Moritz Leuenberger, il associera malades, entreprises, syndicats et assurances.

Les quelque 120 personnes qui tombent chaque année malade à cause de l'amiante ne sont pas toutes logées à la même enseigne. Celles qui ont contracté leur cancer (tumeur maligne de la plèvre et du péritoine) hors du cadre professionnel, au nombre de 20 à 30 par an, touchent des prestations moins avantageuses.

Ces travailleurs indépendants, bricoleurs, ou personnes habitant près d'entreprises, ne peuvent en effet pas bénéficier de la couverture de l'assurance accident. Elles doivent se rabattre sur l'assurance maladie ou l'assurance invalidité (AI), moins généreuses.

'Traitements très chers'

'Elles doivent payer leur franchise et participer aux coûts. Les traitements sont pourtant très chers', a dit le ministre de la santé Alain Berset.

Afin de venir en aide à ces malades, il a concrétisé la solution évoquée en octobre dernier: lancer une table ronde avec les principaux acteurs. Cet organe aura pour mission d'améliorer la situation financière des personnes concernées en trouvant des consensus entre les participants.

'Nous ne sommes qu'au début d'un processus. Nous referons donc le point régulièrement', a souligné M. Berset. Un premier bilan pourrait intervenir dans un an. Et le Fribourgeois de glisser que le choix de Moritz Leuenberger se justifie par 'sa faculté à trouver des solutions' entre différents acteurs.

Prescription débattue au Parlement

L'amiante occupe aussi le Parlement. Le Conseil national a proposé en septembre de porter de 10 à 20 ans le délai de prescription absolu pour les cas de dommages corporels. Plus généreux, le Conseil fédéral avait proposé d'accorder 30 ans aux victimes pour exiger réparation.

Le laps de temps établi par le National est jugé insuffisant par certains. Le mésothéliome - ou tumeur - malin de la plèvre ou du péritoine met en moyenne 35 ans à se déclarer depuis l'exposition à l'amiante. Autre problème: l'entreprise responsable a pu entre-temps faire faillite.

En octobre, le Conseil fédéral avait refusé de mettre sur pied un fonds public. Il estimait que l'Etat ne doit pas assumer une responsabilité relevant du secteur privé.

Eternit et Schmidheiny

Le lancement de la table ronde est intervenu alors que l'affaire Eternit n'est pas encore close. Le procureur de Turin a demandé lundi le renvoi devant la justice de l'homme d'affaires suisse Stephan Schmidheiny.

Il l'accuse d'homicide volontaire aggravé pour le décès de 258 personnes, entre 1989 et 2014, dans les régions où se trouvaient des usines d'amiante du groupe Eternit.

Le milliardaire suisse avait été condamné en appel à 18 ans de prison pour le décès de près de 3000 personnes en Italie. Mais la plus haute juridiction transalpine avait annulé ce verdict et acquitté l'accusé, jugeant les faits prescrits.

/ATS
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