Ankara investit dans le sud-est mais refuse la paix avec le PKK

Ankara investit dans le sud-est mais refuse la paix avec le PKK

Photo: Keystone

Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a promis vendredi d'investir l'équivalent de 8, 9 milliards de francs dans le sud-est de la Turquie dévastée par le conflit kurde. Mais il a écarté toute idée de paix avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

Lors d'un discours prononcé à Mardin (sud-est), M. Davutoglu a dévoilé un nouveau plan en dix points destiné à ramener la sécurité dans le quart du pays à majorité kurde et à en relancer l'économie, sérieusement affectée par les affrontements meurtriers qui y opposent les forces de sécurité aux partisans du PKK.

'Nous allons panser toutes les plaies. Nous qui avons accueilli en notre sein 2,5 millions de Syriens (qui ont fui la guerre civile), nous sommes parfaitement capables d'offrir toute notre assistance à nos citoyens', a déclaré le chef du gouvernement.

Relancer l'activité

Son plan prévoit notamment une enveloppe de 26,5 milliards de livres (environ 8,9 milliards de francs) pour relancer l'activité, notamment par des encouragements aux investissements et des subventions aux PME et aux agriculteurs.

Le plan inclut aussi un volet sécuritaire, afin d''instaurer l'ordre public' dans la zone, a ajouté M. Davutoglu sans donner davantage de détails.

Décentralisation rejetée

Dans son discours, le Premier ministre islamo-conservateur a également écarté toute possibilité de 'décentralisation', rejetant les aspirations du principal parti pro kurde du pays, le Parti démocratique du peuple (HDP), à plus d'autonomie locale.

'Tous les citoyens seront inclus dans ce plan, mais nous n'y inclurons pas ceux qui portent les armes', a souligné Ahmet Davutoglu, écartant toute idée de reprise des pourparlers de paix avec les rebelles kurdes.

Ankara avait engagé à l'automne 2012 des discussions de paix avec le chef historique du PKK Abdullah Öcalan, qui purge une peine de prison à vie sur l'île d'Imrali (nord-ouest). Ce processus a volé en éclats l'été dernier, après un cessez-le-feu de plus de deux ans.

'Au lieu de nous rassembler autour d'une table à Imrali, nous allons nous asseoir avec les différents acteurs (du conflit kurde) autour d'une table à Ankara', a confié jeudi M. Davutoglu à la presse turque dans l'avion qui le ramenait de Londres.

Les combats entre l'armée, la police et les rebelles ont fait de nombreux tués dans les deux camps depuis l'été. Ils ont également causé des dizaines de victimes civiles, selon les ONG, et provoqué l'exode de dizaines de milliers d'autres.

/ATS
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