Berne, le Valais et BLS veulent finir le Lötschberg d'ici 2030

Berne, le Valais et BLS veulent finir le Lötschberg d'ici 2030

Photo: Keystone

Des trains toutes les demi-heures au Lötschberg. Le comité emmené par les cantons du Valais et de Berne y croit pour l'horizon 2030. Reste à trouver la bonne variante entre un aménagement complet des deux tubes de 35 km, ou seulement partiel entre Mitholz et Ferden.

'Nous ne devons pas faire une seconde fois la même erreur qu'à l'époque', a déclaré le conseiller d'Etat valaisan et coprésident du Comité Lötschberg Jacques Melly jeudi devant les médias à Berne. La Confédération avait alors renoncé, pour des raisons de coût, à terminer complètement le tunnel à deux tubes.

Ainsi aujourd'hui, sur les 34,6 kilomètres, 21 kilomètres sur le tronçon Frutigen (BE) - Ferden (VS) ne sont praticables que sur une seule voie. Or moins de quatre ans après son inauguration, en 2007, le tunnel du Lötschberg, entre Frutigen (BE) et Rarogne (VS) arrivait déjà à saturation, selon le Comité Lötschberg qui tenait jeudi à Berne sa 4e assemblée générale.

A cette occasion a été présenté une étude qui compare sur une période de 90 ans les coûts et les bénéfices des divers scénarii: le statu quo, l'aménagement partiel Ferden-Mitholz, l'aménagement complet Ferden-Frutigen, ou encore l'aménagement par étapes, Ferden-Mitholz d'abord, puis le reste.

Tout mieux que le statu quo

Il apparaît clairement que toutes les variantes sont meilleures que le statu quo, avec son deuxième tube à l'état brut, sans équipements ferroviaires sur une grande partie du tunnel, selon l'étude. Cette configuration complexe des installations entraîne des coûts d'exploitation élevés, réduit la marge de manoeuvre pour l'élaboration de l'horaire, et empêche toute extension des capacités déjà épuisées.

Quelque soit la variante retenue, le rapport coûts-bénéfices est meilleur, de 3 à 4%, qu'avec le statu quo, selon l'étude. De plus, toutes les variantes d'aménagement permettraient l'introduction de la cadence semi-horaire pour le trafic grandes lignes entre le Plateau et le Valais, précise le Comité Lötschberg.

Nombreux arguments

Du point de vue de l'économie d'entreprise, les trois variantes d'aménagement ne diffèrent que légèrement. D'importantes considérations économiques globales, ainsi que de qualité, amènent cependant les experts à recommander, comme meilleure variante, l'aménagement complet.

Et les experts de citer les économies considérables réalisées en redimensionnant la ligne de faîte, qui deviendrait déchargée en bonne partie du trafic marchandises. L'aménagement complet augmente aussi la marge de manoeuvre pour l'élaboration de l'horaire et améliore la stabilité de l'exploitation.

Les correspondances aux noeuds de Berne et de Viège pourraient être optimisées. Les réseaux voisins, comme celui du Matterhorn Gotthard Bahn, pourraient également bénéficier de répercussions positives au niveau de l'offre.

Risques à long terme

Enfin, sans aménagement complet, il sera nécessaire, vraisemblablement vers 2050, de mettre hors-service la ligne de base durant deux ou trois ans, pour permettre l'assainissement total du tronçon actuel à voie unique. Ceci aurait un impact difficilement prévisible sur le trafic marchandises ainsi que sur l'accessibilité du Valais, selon l'étude.

Avec ces arguments, les chances sont bonnes devant le Parlement, a jugé la conseillère d'Etat bernoise Barbara Egger-Jenzer. Les Chambres auront à se prononcer sur la réalisation des mesures d'aménagement au plus tard en 2018, mais vraisemblablement en 2016 déjà.

Elles devraient se prononcer sur la base d'une étude de projet d'aménagement partiel Ferden-Mitholz, dont le mandat doit être attribué cette année encore et pour laquelle le Parlement a déjà alloué des fonds. Selon le Comité Lötschberg, les travaux correspondant à cette étude que la BLS va entreprendre dès 2016 seront compatibles avec un éventuel aménagement complet.

'La fin du commencement'

En 2007, la BLS avait estimé entre 800 millions et 1,3 milliard de francs les coûts d'achèvement du tunnel de base. 'On reste dans cette fourchette', a dit Jacques Melly à l'ats. Vu qu'un tube a déjà été construit, il y aura peu de surprises; on connaît la géologie.

Se référant à ses 13 ans d'expérience gouvernementale, Barbara Egger-Jenzer a mis en garde. 'Attention, ce ne sont que des estimations, même si on n'attend pas de surprises', a-t-elle renchéri. Le mot de la fin est revenu à Jacques Melly: 'c'est la fin du commencement, mais pas encore le commencement de la fin'.

/ATS
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