Bluefactory obtient un prêt de 5 millions du canton

Bluefactory obtient un prêt de 5 millions du canton

Photo: Keystone

Quartier d'innovation révolutionnaire ou coquille vide? Le Grand Conseil fribourgeois est agacé par le laborieux démarrage de Bluefactory, sur le site de l'ex-brasserie Cardinal à Fribourg. Mais il accorde un prêt de 5 millions de francs pour le maintenir à flot.

L'entreprise qui exploite le parc technologique attend une aide du même montant de la Ville de Fribourg, qui est actionnaire comme le canton. Ce soutien doit lui permettre de tenir le coup en attendant de devenir rentable, ce qui ne devrait pas arriver avant 2023.

Les députés ont accepté le prêt par 86 voix contre 13 oppositions et 4 abstentions. A l'instar de la commission parlementaire, ils ont adressé 'un carton jaune' au conseil d'administration de Bluefactory mais ont jugé que 'l'expulsion serait trop sévère'.

Sous le feu des critiques pendant deux heures, le conseiller d'Etat en charge de l'économie Beat Vonlanthen a dû enfiler un 'gilet pare-balles', selon sa propre expression. Il a été raillé pour les multiples slogans en anglais dont il est si friand pour vanter Bluefactory, et a été prié d'informer plus clairement sur le fond.

'Poudre aux yeux'

Sous-capitalisation initiale, mutations à la direction, retards de chantiers, plan financier à réviser, manque de réactivité des administrateurs, communication catastrophique: les reproches n'ont pas manqué. 'Des erreurs de casting à la direction, cela peut arriver, mais pourquoi avoir répondu à nos questions 'Tout va très bien, Madame la marquise' ?', a déploré René Thomet (PS).

Le projet faisait rêver d'un lieu de travail et un lieu de vie dynamique et créatif. Mais actuellement, le site ressemble surtout à 'une suite de logos, dans ce qui ressemble plutôt à un coupe-gorge', a décrit Romain Collaud (PLR).

'On nous a vendu de la poudre aux yeux. Cette friche industrielle n'est pas attractive. Les bonnes volontés sont restées dans les concepts et les maquettes', a renchéri son collègue de parti Didier Castella. 'Il faut maintenant un vrai capitaine, qui ne prenne pas seulement le micro mais aussi les commandes.'

Les groupes Alliance Centre Gauche (ACG) et UDC souhaitaient un renvoi du dossier pour obtenir des compléments d'information. Cette proposition a été rejetée par 84 voix contre 17, et une abstention.

Risques

L'ACG s'interrogeait sur le risque de ne pas atteindre le taux de remplissage ou les prix de location espérés. Elle se demandait aussi si un plan B ne devrait pas être envisagé, par exemple avec des investisseurs tiers.

Nombre d'intervenants se sont demandé pourquoi la Banque cantonale de Fribourg est restée prudente. Celle-ci n'a en effet accordé qu'un crédit transitoire, en attendant un renflouement par l'Etat et la Ville (et à condition d'une garantie du canton).

Bluefactory a été créée en 2014 pour gérer ce site de 60'000 mètres carré. A terme, l'objectif est d'abriter 2500 personnes, employées par les entreprises locataires. Pour l'instant, environ 200 personnes travaillent.

Retard

La société disposait d'un capital de 25 millions de francs (dont 24 millions sous forme d'actifs immobilisés) et d'un capital en trésorerie d'un million. Lors du plan financier initial, les actionnaires étaient conscients que l'apport d'un million de francs pour l'exploitation de la société serait un peu court.

La perte de 424'000 francs enregistrée en 2014 était en phase avec les prévisions. Mais la situation s'est péjorée en 2015. La mise en exploitation du premier bâtiment, la 'Halle bleue', a pris du retard, n'arrivant qu'en décembre plutôt qu'à l'été.

Et les charges opérationnelles se sont avérées plus élevées que prévu, principalement au niveau des frais administratifs et des honoraires des consultants. Résultat: Bluefactory s'est retrouvée avec un manque de financement de 635'000 francs à fin 2015.

/ATS
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