Catane: le commandant du chalutier entendu par la justice

Catane: le commandant du chalutier entendu par la justice

Photo: Keystone

L'interrogatoire du commandant tunisien du chalutier dont le naufrage dimanche a fait plus de 700 tués a débuté vendredi à Catane, en Sicile. Les réactions positives se multipliaient après la décision de l'UE de tripler les ressources de surveillance en Méditerranée.

Un juge des enquêtes préliminaires, équivalent d'un juge d'instruction, a commencé à entendre le commandant pour décider ou non de l'inculper, sur la foi des déclarations des survivants de ce naufrage. Plusieurs d'entre eux l'ont désigné comme celui qui pilotait ce chalutier chargé de quelque 750 migrants. Son complice présumé, un Syrien, est également interrogé.

A l'arrivée du cargo portugais dérouté par les gardes-côtes pour le secourir, le chalutier a chaviré parce qu'il 'était chargé jusqu'à l'invraisemblable' et en raison des 'mauvaises manoeuvres du commandant', a affirmé le parquet. Il a encore précisé que le chalutier avait heurté trois fois le cargo avant de sombrer.

Sauvés au large de la Tunisie

Les transports précaires de migrants en Méditerranée se poursuivent. Des navires de pêche tunisiens ont secouru vendredi un groupe d'environ 80 personnes en perdition après avoir tenté la traversée de la Libye vers l'Europe, a indiqué le Croissant-rouge. Le 13 avril, 178 migrants avaient déjà été sauvés au large de la Tunisie, et 169 autres en mars.

Le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) et l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) ont salué vendredi les décisions prises la veille par le Conseil européen sur l'immigration. Ils ont évoqué un progrès, même s'il faudra en voir l'application concrète.

Plus de 40'000 migrants ont déjà gagné l'Europe par la mer depuis le début de l'année et au moins 1700 décès ont eu lieu lors de ces traversées. La moitié au moins sont des réfugiés ayant droit à une protection internationale, selon le HCR.

La Libye dans un état lamentable

Frontex, l'agence européenne chargée de la surveillance des frontières extérieures de l'espace Schengen, a elle aussi salué la décision d'augmenter les moyens alloués à l'action en Méditerranée, prise au sommet extraordinaire de l'UE.

La France a en revanche exprimé sa déception: les décisions prises jeudi sont 'loin du compte', a regretté le porte-parole du gouvernement français Stéphane Le Foll. Il relève l'état dans lequel la Libye a été laissée, offrant une plateforme aux trafiquants.

Les dirigeants européens ont décidé jeudi de tripler les moyens alloués pour le sauvetage des migrants en Méditerranée. Ils veulent aussi obtenir l'aval de l'ONU pour mener des actions militaires contre les trafiquants en Libye.

Mais aucun accord n'a été trouvé pour permettre aux navires de l'opération européenne de surveillance et de sauvetage en mer Triton de sortir des eaux territoriales afin d'aller plus près de la Libye. Les dirigeants se sont aussi divisés sur la prise en charge des réfugiés.

/ATS
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