Economiesuisse s'attend à une croissance de 0,6% en 2015

La croissance devrait fortement ralentir en Suisse cette année

Photo: Keystone

La croissance économique devrait fortement ralentir en Suisse en 2015, conséquence du revirement de politique monétaire de la Banque nationale suisse (BNS) en début d'année. Economiesuisse et BAKBASEL, derniers en date à mettre à jour leurs prévisions, tablent respectivement sur +0,6% et +1%.

Suppressions de postes, gel de l'embauche, délocalisations, exportations et tourisme dans la tourmente: l'appréciation du franc après 'la décision du 15 janvier de la BNS a fait apparaître des signes de ralentissement économique'. Tel est le constat formulé mardi par economiesuisse en publiant une version actualisée de ses estimations.

La Fédération des entreprises suisses, qui tablait jusqu'à présent sur une hausse du produit intérieur brut (PIB) de 1,6%, prévoit désormais une croissance à peine positive de 0,6%.

Confrontées à une forte concurrence à l'étranger, s'acquittant de charges de production et de personnel en Suisse, les entreprises tournées vers le marché extérieur paient le plus lourd tribut du renforcement du franc. Les exportations devraient ainsi reculer de 0,5%, mais un rebond à +2% est attendu en 2016.

Construction en repli

Le renforcement de la devise helvétique n'épargne pas non plus le marché intérieur, selon economiesuisse. Les entreprises qui fournissent les exportateurs sont également contraintes de réduire leurs coûts pour rester compétitives.

La construction a, elle, dépassé son pic conjoncturel et se trouve confrontée à divers facteurs baissiers. L'organisation cite notamment l'impact de l'initiative sur les résidences secondaires. Seuls les logements locatifs profitent de taux d'intérêt négatifs. Les investissements dans le bâtiment devraient ainsi connaître un repli de 0,8%, avant une légère reprise de +0,4% l'an prochain.

Hausse du pouvoir d'achat

'Cela dit, il ne faut pas s'attendre à un effondrement de l'économie intérieure', relève economiesuisse. Avec une inflation négative à -0,8%, la tendance générale à la baisse des prix entraîne une hausse du pouvoir d'achat qui 'dope la consommation'.

Véritable pilier de la croissance helvétique, la consommation des ménages devrait afficher une hausse de 1,2%, contre 1% en 2014. Une hausse qui profitera au secteur des assurances, au second-oeuvre, mais aussi au commerce de détail.

Pour 2016, economiesuisse compte sur une embellie, avec une croissance de 1,2%, même si le coefficient de chômage devrait se péjorer à 3,8%, contre 3,7% en 2015. L'inflation devrait elle se monter à -0,2%.

Economiesuisse relève encore que la croissance économique mondiale, européenne en particulier, 'atténue le choc monétaire'.

Même constat du côté de BAKBASEL, qui se montre plus optimiste. Alors qu'il tablait jusqu'à ce jour sur une évolution négative du PIB de -0,2%, l'institut a rehaussé son pronostic à +1%. Selon les chercheurs bâlois, la zone euro montre des signes clairs de reprise, ce qui devrait venir étoffer les carnets de commandes de l'industrie d'exportation.

Stabilisation monétaire

BAKBASEL estime par ailleurs que les taux de change devraient se stabiliser autour de 1,10 franc pour un euro au deuxième semestre, avec une moyenne à 1,09 franc pour un euro sur l'année. La monnaie unique devrait même s'échanger à 1,13 franc en 2016. Cette tendance, couplée au raffermissement du dollar, favorable aux exportations vers les Etats-Unis, devrait permettre d'atténuer le choc monétaire.

Autant de facteurs qui permettent aux chercheurs bâlois d'écarter le risque d'une récession, contrairement à ce qu'ils avaient estimé fin janvier. BAKBASEL rappelle cependant que les conditions demeurent difficiles pour l'économie suisse et n'exclut pas que le franc se renforce à nouveau en cas d'échec des négociations sur la dette grecque.

Depuis l'abandon du cours plancher de l'euro par la BNS, plusieurs instituts ont réajusté leurs prévisions de croissance en 2015. Parmi eux, UBS et Credit Suisse, qui anticipent une hausse de respectivement 0,5% et 0,8% du PIB, contre +1,8% et +1,6% précédemment. Le KOF prévoit en l'état une courte récession de -0,5%.

/ATS
Partager
Link
Météo
Restez informé

Pour tout savoir sur l'actualité, inscrivez-vous à notre newsletter et recevez chaque soir dès 16h30 toutes les news de la journée.