Frontaliers au Tessin: l'ambassadeur de Suisse en Italie convoqué

Frontaliers au Tessin: l'ambassadeur de Suisse en Italie convoqué

Photo: Keystone

L'Italie durcit le ton après les mesures unilatérales du canton du Tessin contre les frontaliers. L'ambassadeur de Suisse à Rome Giancarlo Kessler a été convoqué mardi au ministère italien des Affaires étrangères, indique ce dernier, cité par des agences italiennes.

Depuis avril, le Tessin demande tant aux demandeurs d'un permis B en provenance des pays de l'UE et de l'AELE qu'aux frontaliers italiens un extrait de leur casier judiciaire. Fin juin, l'Italie avait aussi demandé à la Commission européenne d'ouvrir une procédure d'infraction contre la Suisse. Elle dénonçait l'augmentation par les autorités tessinoises du taux d'imposition cantonal pour les frontaliers, en vigueur depuis janvier.

Le secrétaire général du ministère Michele Valensise a fait part à l'ambassadeur de la vive préoccupation italienne face à cette situation. Dans une note, le ministère dénonce des violations de la libre circulation des personnes, 'en contradiction avec l'excellent état des relations bilatérales'.

M. Valensise a demandé à Berne de renouveler son engagement à mettre à un terme à cette situation qui provoque une 'profonde insatisfaction en Italie'. Selon le ministère, l'ambassadeur Kessler a confirmé que la Suisse considérait ces mesures comme incompatibles avec les obligations de l'accord.

Fin juin, le Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM) avait jugé la décision du Tessin illégale. Début juillet, la présidente de la Confédération Simonetta Sommaruga avait de son côté indiqué lors de la visite du Conseil fédéral au Tessin qu'il fallait 'respecter les accords internationaux'.

Réaction au Tessin

Contacté par le site de la Radio Télévision de Suisse italienne (RSI), le président du gouvernement tessinois Norman Gobbi (Lega) a déclaré: 'Je fais simplement remarquer deux choses. La première, depuis l'introduction de la demande d'extrait du casier judiciaire, (imposée notamment aux frontaliers italiens) personne n'a jamais déposé un recours.'

Et le président du Conseil d'Etat d'ajouter: 'L'Italie doit après tout se poser la question de savoir pourquoi chaque jour 60'000 frontaliers viennent travailler au Tessin. Et pourquoi chaque année des milliers d'Italiens choisissent d'établir leur domicile au Tessin.'

/ATS
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