Fusion entérinée entre la Banco popolare et la BPM

Fusion entérinée entre la Banco popolare et la BPM

Photo: Keystone

Les actionnaires de la Banco popolare et de la Banca popolare di Milano (BPM) ont nettement voté samedi en faveur d'une fusion. Cette étape était très importante dans la consolidation du secteur bancaire en Italie.

Comme prévu, le projet a été validé par les actionnaires de Banco Popolare réunis à Vérone, par 23'683 voix pour, 118 contre et 11 abstentions. Le résultat était en revanche plus incertain à la PM, aux assemblées générales toujours plus agitées et où deux associations de retraités avaient appelé à voter contre. Mais là aussi, le oui l'a largement emporté: 7315 actionnaires ont voté pour, 2731 contre, 142 se sont abstenus et 11 n'ont pas voté.

Une majorité des 2/3 était nécessaire pour que le projet soit validé.

'Le futur et non le passé'

Lundi, les dirigeants de BPM avaient écrit aux actionnaires pour les inciter à participer massivement à l'assemblée afin de soutenir la naissance de 'Banco BPM', appelée à devenir la 3e banque de la péninsule derrière Intesa Sanpaolo et UniCredit.

Il s'agit d'un 'choix important' dans un 'contexte de grande incertitude pour le système bancaire italien', avaient souligné le directeur général de BPM, Giuseppe Castagna, et le président de son conseil de gestion Mario Anolli.

Devant les actionnaires réunis dans un hall du salon des expositions de Milan, M. Castagna a demandé aux actionnaires hésitants de 'regarder le futur et non le passé'. Il a martelé que le projet représentait 'un saut' majeur pour donner naissance à 'une grande banque' en mesure de réaliser 1,1 milliard d'euros de bénéfice net en 2019, contre 600 millions pour les deux établissements séparés en 2015, ceci grâce à des synergies et des réductions de coûts.

A Vérone, le président de Banco Popolare, Pier Francesco Saviotti, a tenu le même discours, en évoquant 'une énorme opportunité'.

Numéro 1 dans le nord

La nouvelle banque comptera 25'000 employés, quelque 2400 agences, 4 millions de clients et sera leader dans le nord de l'Italie, une des zones les plus riches d'Europe. Elle devra gérer pour 171 milliards d'euros d'actifs.

Deux associations de retraités de BPM avaient appelé les employés à ne pas se laisser intimider et à rejeter le projet, annoncé en mars et qui a reçu le feu vert de la Banque centrale européenne (BCE). Pour elles, la nouvelle banque sera un géant 'aux pieds d'argile' et la BPM perdra ce qui fait aujourd'hui sa force. Le Mouvement 5 étoiles de Beppe Grillo était également hostile à cette fusion.

Banques mutualistes

L'AG de Milan a duré plus de 6 heures trente, 87 actionnaires ayant demandé à s'exprimer. Certains se sont montrés très véhéments à la tribune. Les syndicats, qui ont négocié des accords notamment en matière sociale, ont apporté leur soutien au projet qui crée, selon eux, 'de la valeur et des emplois'.

Ils ont accusé les associations de retraités d'être 'irresponsables et de jouer avec la peau des autres', avançant le spectre de la prise de contrôle de BPM par des fonds d'investissements américains 'prêts à une boucherie sociale', une fois que la banque serait devenue une société anonyme comme l'exige désormais la loi.

La fusion entre dans le cadre de la réforme des banques mutualistes lancée par le gouvernement de Matteo Renzi pour les rendre plus efficaces. Alors que les actionnaires de ces banques disposaient jusqu'ici d'un droit de vote identique quel que soit le pourcentage de capital possédé, la loi impose désormais aux dix plus importants établissements d'accorder ce droit de vote en fonction du nombre d'actions détenues.

Signal positif

La réussite de ce mariage est une bonne nouvelle pour le système bancaire italien, qui suscite depuis des mois les inquiétudes des investisseurs en raison de son éclatement (environ 700 établissements différents), du poids des créances douteuses (360 milliards d'euros, soit un tiers de ceux de la zone euro) et de problèmes de capitalisation.

Cette fusion va permettre de 'renforcer le système bancaire', selon Marco Giorgino, professeur à l'Ecole polytechnique de Milan. Elle aura 'un rôle de signal': 'devant les fortes critiques de la presse et des analystes étrangers', le système 'réagit avec une réponse extraordinaire', dans le sens d'une plus grande stabilité.

/ATS
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