GastroSuisse veut plus de soutien pour l'espace alpin

GastroSuisse veut plus de soutien pour l'espace alpin

Photo: Keystone

Le franc fort donne encore du fil à retordre à la branche de l'hôtellerie et de la restauration, selon le président de GastroSuisse. Les régions de montagnes et frontalières sont particulièrement touchées par le manque de touristes.

La branche de l'hôtellerie et de la restauration se trouve face à d'importants défis suite à la levée du taux plancher euro-franc par la Banque nationale suisse (BNS) en 2015. 'Cette décision nous a coûté de la compétitivité', a déclaré mercredi à Berne Casimir Platzer, président de GastroSuisse, lors de la conférence de presse annuelle de l'organisation.

Les Suisses dépensent moins d'argent pour manger et boire hors foyer, en moyenne 2758 francs par personne. En 2015, ce sont 22,4 milliards de francs qui sont restées sur les tables des restaurants, une baisse de 1,1% par rapport à 2014.

Dans les cantons frontaliers, cette baisse se fait particulièrement sentir. Les habitants de ces régions consomment en dehors des frontières suisses, où les prix sont devenus plus attractifs.

Trop cher pour l'Europe

'Depuis l'année dernière, avec la suppression du cours plancher, nous [Tessin] sommes brutalement devenus jusqu'à 20% plus chers pour les clients de l'espace européen', a constaté Massimo Suter, président de GastroTicino. La fréquentation des établissements a fortement chuté.

Les prix sont trop élevés et les conséquences menacent de nombreux établissements notamment dans l'espace rural et alpin, a rappelé M. Platzer. Le nombre de touristes européens qui passent leurs vacances en Suisse diminue indéniablement depuis 2008. 'Leurs nuitées ont chuté de près de 22%, et de 40% pour les Allemands', a-t-il indiqué.

Avant de préciser que la différence est importante selon les régions. Ainsi, Zurich a enregistré une hausse de 8%. Mais les régions montagneuses souffrent: -36% en Valais, -42% au Tessin et -37% dans les Grisons.

Sommet pour les montagnes

De manière générale, les centres urbains sont privilégiés. Les touristes des marchés lointains - Chine, monde arabe - ont une approche du tourisme différente de celle des Européens. S'ils se rendent en montagne dans la journée, ils passent leurs nuits dans des hôtels citadins, a expliqué M. Platzer.

Il se dit préoccupé par l'ampleur de l'écart de l'évolution touristique entre les villes et les régions montagneuses en Suisse. Celles-ci vivent du tourisme. Selon lui, des vallées entières sont menacées d'exode rural ou de dépeuplement. Une baisse de la fréquentation des restaurants et des hôtels touche aussi les fournisseurs ou les transports publics.

Il exige donc un sommet pour le soutien du tourisme dans l'espace alpin. Responsables politiques, acteurs de la sphère économique, du tourisme et des associations doivent trouver des mesures, même petites, pour contribuer à détendre la situation, a-t-il conclu.

Mais la branche elle-même pourrait déjà y contribuer, selon l'étude nationale 'Situation des PME' publiée par l'Institut de gestion des entreprises de la HES de St-Gall. Les hôteliers pourraient notamment proposer, en collaboration avec les remontées mécaniques, un billet plus avantageux.

/ATS
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