HSBC fait son mea culpa dans la presse britannique

HSBC fait son mea culpa dans la presse britannique

Photo: Keystone

La banque HSBC est toujours sous le feu des critiques une semaine après les révélations de plusieurs journaux sur les pratiques d'aide à l'évasion fiscale de sa filiale suisse. L'établissement a publié dimanche une lettre dans plusieurs journaux britanniques afin d'adresser ses 'excuses les plus sincères'.

La lettre, publiée en pleine page et signée par le directeur général de l'établissement Stuart Gulliver, fait état d'une 'expérience douloureuse' pour les clients, les actionnaires et les employés.

La plus grande banque européenne a admis des défaillances dans la mise en conformité et les contrôles de ses opérations suisses. 'Nous devons montrer que nous comprenons que les sociétés que nous servons attendent davantage de nous', écrit Stuart Gulliver. 'C'est pourquoi nous présentons nos excuses les plus sincères'.

HSBC a rappelé que la grande majorité des 140 personnes citées dans la presse a depuis quitté la banque et que l'établissement a mis en place des contrôles beaucoup plus stricts sur l'acceptation des clients.

'Nous n'avons absolument aucune envie de faire des affaires avec des clients qui pratiquent l'évasion fiscale ou qui ne répondent pas à nos normes de conformité en matière de criminalité financière', ajoute la lettre. La banque avait déjà reconnu en début de semaine des 'manquements', tout en assurant que ces pratiques appartenaient au passé.

Stephen Green dans le collimateur

Le scandale SwissLeaks a contraint l'ancien patron de HSBC Stephen Green à quitter ses fonctions au sein de TheCityUK, un groupe de pression promouvant la finance britannique. 'Lord Green a décidé de quitter ses fonctions de président du conseil consultatif de TheCityUK avec effet immédiat', a indiqué samedi le lobby basé à Londres, dans un communiqué.

'Soucieux de ne pas nuire à l'efficacité de l'action de TheCityUK(...), il a souhaité se mettre en retrait', précise le président du conseil d'administration de ce groupe de pression, Gerry Grimstone. 'Cette décision est entièrement la sienne', ajoute-t-il.

Le bref communiqué n'évoque pas l'affaire SwissLeaks qui touche Stephen Green. Ce dernier a été directeur général (2003-2006) puis président (2006-2010) de HSBC, au moment où la banque faisait transiter 180 milliards d'euros de riches clients sur des comptes en Suisse pour leur éviter d'avoir à payer des impôts, selon l'enquête internationale qui secoue le monde de la finance.

La Banque d'Angleterre pourrait enquêter

L'enquête, baptisée SwissLeaks, a été réalisée sur la base de fichiers de la banque HSBC Suisse, dont le siège est à Genève. Des données ont été volées en 2007 par un ancien employé de la banque, l'informaticien franco-italien Hervé Falciani.

La Banque d'Angleterre (BoE) pourrait par ailleurs ouvrir une enquête sur HSBC, a déclaré vendredi l'un de ses principaux responsables. 'Les allégations autour de HSBC soulèvent des questions graves sur la conduite de la banque', a dit à la BBC Jon Cunliffe, le gouverneur adjoint de la BoE chargé de la stabilité financière.

'Nous devrions être en mesure d'attendre de la direction d'un groupe important qu'il fasse en sorte que la culture et les activités de ce groupe puissent permettre de maîtriser ce type de risques', a-t-il ajouté. 'Il est certain que c'est une question qui pourrait être de notre ressort.

Stuart Gulliver doit comparaître devant des parlementaires britanniques pour s'expliquer sur l'affaire, tout comme le président du groupe Douglas Flint.

/ATS
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