J.-F. Rime ne pense pas recourir après la défaite sur la redevance

J.-F. Rime ne pense pas recourir après la défaite sur la redevance

Photo: Keystone

'Je ne me rappelle pas d'un résultat aussi serré', a réagi dimanche à chaud Jean-François Rime. Le chef de file des opposants à la révision sur la loi radio-TV ne 'pense pas faire recours' malgré la courte défaite.

'Il faut maintenant mener une discussion de fond sur le rôle du service public', estime le conseiller national (UDC/FR). Ce débat aurait déjà dû avoir lieu, 'plutôt que de mettre la charrue avant les boeufs comme cela a été le cas ici', a répété à l'ats le président de l'Union suisse des arts et métiers (usam).

Au sujet de l'autre point qui a motivé la campagne du 'non', l'entrepreneur fribourgeois estime que 'la taxe à laquelle les entreprises doivent faire face ne constitue pas une charge insurmontable. Mais nous ne voulions pas payer deux fois', à la maison et sur le lieu de travail.

La grande part de 'non' à la révision de la loi radio/TV illustre le malaise éprouvé par beaucoup face 'au développement de la SSR ces dernières années'. Telesuisse appelle à en tenir compte à l'avenir, tout en se félicitant du résultat.

L'association des télévisions régionales suisses, qui se réjouit que les arguments 'trompeurs des opposants' n'ont pas atteint leur but, affirme qu'une 'grande partie du peuple n'apprécie guère que la SSR continue de dominer le marché avec l'aide de la redevance, et ce aux dépens des émetteurs privés'. Une 'évidence' à considérer dans toutes les discussions futures.

Diagnostic préimplantatoire: il y aura référendum

En dépit du oui assez net qui s'est dégagé en faveur de l'article constitutionnel sur le diagnostic préimplantatoire (DPI), le Parti évangélique suisse (PEV) va lancer le référendum contre la loi. Il met à exécution la menace brandie tout au long de la campagne.

Le référendum annoncé par le PEV sur la loi sur la procréation médicalement assistée est promis à l'échec, estime le conseiller aux Etats Felix Gutzwiller (PLR/ZH), membre du comité en faveur de l'article constitutionnel sur le DPI. Il se montre très optimiste en vue d'une votation dans un an.

Il n'y aura pas de nouveaux arguments d'ici à une année, selon lui, et le résultat net à l'instar de celui de Genève constitue un signal clair. Pour lui, il y a même de bonnes chances que le oui l'emporte encore plus nettement dans une année.

Les femmes de droite qui avaient milité pour le DPI sont aussi très heureuses du résultat. 'C'est une votation pour les femmes et la santé des femmes', a réagi la conseillère nationale Rosmarie Quadranti (PBD/ZH). Quant à la menace d'un référendum sur la loi, elle a également bon espoir de rassembler une majorité de femmes de droite pour le combattre.

Une régression pour les évêques

'Dans la loi, le Parlement est allé trop loin', a indiqué dimanche à l'ats la conseillère nationale Marianne Streiff, présidente du PEV. La Suisse deviendrait ainsi plus libérale que certains pays qui n'autorisent le DPI qu'aux couples atteints de maladies graves.

Beaucoup qui ont voté oui aujourd'hui glisseront un non sur la loi, prédit-elle. L'article constitutionnel seul apparaît encore inoffensif, c'est pourquoi beaucoup l'ont accepté dimanche.

Egalement déçue du résultat, l'organisation de défense des handicapés AGILE.CH a d'ores et déjà annoncé qu'elle soutiendra le référendum annoncé par le Parti évangélique.

La Conférence des évêques suisses (CES) regrette elle aussi l'acceptation du diagnostic préimplantatoire. Cette méthode ouvre la voie à une régression pour ce qui est de la protection intégrale de l’être humain depuis sa conception jusqu'à la mort, écrivent dimanche les évêques.

Pascal Broulis content

Le rejet par le souverain de l'initiative pour l'impôt fédéral sur les successions fait un heureux dans le canton de Vaud. Son ministre des finances Pascal Broulis (PLR) se dit 'content' du résultat. Vaud aurait perdu 100 millions de francs de recettes fiscales si l'initiative avait passé la rampe.

'Si le 'oui' avait gagné, nous aurions dû compenser les pertes d'une manière ou d'une autre. Donc soit en fermant un hôpital, en diminuant des prestations, ou en augmentant les autres impôts', a imagé le grand argentier dimanche auprès de l'ats.

Les initiants portent une part de responsabilité dans leur claire défaite, estime Monika Rühl, directrice d'economiesuisse. En laissant le montant des exonérations ouvert et en parlant à chaque fois d'autres chiffres, ils ont apporté confusion et incertitudes. Des imprécisions sanctionnées par les citoyens.

Elle a été agréablement surprise par le rejet si net de l'initiative sur l'impôt fédéral sur les successions. 'C'est un signal fort pour la place économique suisse'. Quant au financement de l'AVS, economiesuisse privilégie une hausse modérée de la TVA plutôt que des impôts sur les successions.

'Faire peur à la population'

Si l'initiative sur les successions a échoué, c'est notamment à cause de la supériorité financière des opposants estime la conseillère nationale Jacqueline Badran (PS/ZH). 'Que peut-on faire contre une campagne à 10 millions de francs?', s'interroge-t-elle.

Pas possible donc selon elle de communiquer que seul 1% de la population aurait été touché. 'Les petits propriétaires millionnaires ont été très insécurisés'.

Daniel Lampart, économiste en chef de l'Union syndicale suisse (USS), pointe du doigt deux facteurs qui ont conduit à l'échec du texte. Premièrement, la proposition de nationalisation de l'impôt sur les héritages a été très fortement critiquée par les cantons, et notamment en Suisse romande.

Deuxièmement, la campagne des opposants, très intense, s'est centrée sur les dégâts à l'économie. 'Elle visait à faire peur à la population', juge le syndicaliste, qui prend ses distances avec le texte. 'Ce n'est pas notre l'initiative; nous n'avons fait que soutenir ce texte'.

Bourses d'études: l'UNES pas découragée

Malgré le non à l'initiative sur les bourses d'études, l'Union des étudiants de Suisse, l'UNES, ne se décourage pas. Pour l'organisation faîtière, avoir mis l'objet à l'agenda est déjà une victoire.

Le besoin de réforme du système des bourses d'études est 'largement partagé', explique à l'ats Maxime Mellina, membre du comité exécutif de l'UNES. Même si l'objet a été rejeté, mener campagne a permis d'attirer l'attention sur une méthode inégalitaire qui doit être résolue, précise-t-il.

Pour l'organisation faîtière, il s'agit maintenant de continuer son travail de sensibilisation, afin qu'à terme le concordat visant une harmonisation et basé sur des standards minimaux soit accepté par tous les cantons.

Le président de la Conférence suisse des directeurs cantonaux de l'instruction publique (CDIP), Christoph Eymann, se félicite pour sa part du rejet de l'initiative sur les bourses d'études par le peuple. Un 'oui' aurait eu, selon lui, de gros effets secondaires sur les hautes écoles. Les dépenses supplémentaires qui auraient dû être faites pour les bourses auraient impliqué des coupes dans les budgets des cantons alloués à la formation, selon lui.

Néanmoins, l'harmonisation des contributions à la formation sera poursuivie, indique le président. Déjà 80% de la population suisse vit dans un canton, qui a adhéré au concordat sur les bourses. Pour le libéral, membre du gouvernement bâlois, il n'y a pas de risque que des cantons laissent tomber ce concordat, maintenant que l'initiative n'est plus sur la table.

/ATS
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