L'Agroscope teste la culture de patates douces en Suisse

L'Agroscope teste la culture de patates douces en Suisse

Photo: Keystone

Les patates suisses souffrent de la sécheresse? Qu'à cela ne tienne: l'Agroscope teste la culture de patates douces, adaptée à des températures plus élevées et à un climat sec. Les premiers tubercules tropicaux ont été plantés ce printemps, annonce-t-il lundi.

Si la pomme de terre cultivée sous nos contrées souffre des conditions climatiques actuelles, la patate douce apprécie ces fortes chaleurs. Or des températures extrêmes similaires à cet été devraient devenir plus fréquentes, explique l'Agroscope de Changins (VD) dans un communiqué, citant des climatologues.

Anticipant ces bouleversements climatiques, les chercheurs testent la culture de la pomme de terre douce sous nos latitudes. Car si elle aime le chaud et le sec, cette patate venue d'Amérique centrale et principalement cultivée en zone tropicale redoute les températures en dessous de 10 degrés.

Récolte en octobre

Mis en terre le 20 mai, les plants sans protection ont ainsi succombé à une brusque chute de température deux nuits plus tard. Les autres, protégés par un paillis de polyéthylène noir ou blanc, ont survécu.

'Et avec le temps actuel, les plantes se sont vraiment bien développées. On devrait avoir une bonne récolte en octobre', se réjouit Brice Dupuis, chef du projet à l'Agroscope de Changins.

Le changement climatique n'est cependant pas seul en cause dans ce test qui durera deux ans au moins. En Vendée, en France, des maraîchers cultivent ces pommes de terre venues du sud depuis 5 ans environ.

En Suisse, les plants de patate douce sont commercialisés depuis l'année dernière par l'entreprise Bigler samen, basée à Thoune (BE). Elle en a vendu à 30 maraîchers l'année passée, dont onze en Suisse romande, principalement dans l'arc lémanique.

Intérêt en Suisse aussi

'L'intérêt augmente toujours plus en Suisse. Nous avons reçu la visite de producteurs bio de Schaffhouse qui aimeraient se lancer dans la production', argumente le chercheur à l'institut des sciences en production végétale.

Or les techniques de culture sont très différentes de celles utilisées pour la pomme de terre locale. Et les températures frisquettes au printemps constituent un problème, auquel s'est donc attelé l'Agroscope.

L'intérêt à produire ce féculent en Suisse participe aussi à une réflexion écologique: une production locale éliminera l'obligation de l'importer. Et la population connaît de plus en plus cette pomme de terre au goût légèrement sucré. 'Les petits enfants en raffolent à cause de cela', conclut Brice Dupuis.

/ATS
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