La Suisse bloque des comptes du président du Congrès brésilien

La Suisse bloque des comptes du président du Congrès brésilien

Photo: Keystone

La justice suisse a bloqué des comptes bancaires du président du Congrès des députés brésilien Eduardo Cunha, a annoncé mercredi soir le parquet brésilien. M. Cunha est visé dans le scandale de corruption autour du groupe pétrolier Petrobras.

'Le parquet suisse a adressé au Brésil ses procès-verbaux d'enquête contre le président de la Chambre des députés pour des faits présumés de blanchiment d'argent et de corruption passive', après avoir gelé des avoirs sur des comptes bancaires, a indiqué le ministère public brésilien dans un communiqué, sans préciser le montant des avoirs.

Le Ministère public de la Confédération a confirmé jeudi à l'ats avoir ouvert des procédures criminelles envers M. Cunha pour les faits présumés, et saisi ses actifs. Il avait reçu en avril 2015 d'une banque suisse des rapports de blanchiment d'argent. Les investigations ont commencé à ce moment dans le pays.

Cette annonce intervient un mois après le lancement formel de poursuites par le parquet brésilien contre M. Cunha, soupçonné d'avoir touché des pots-de-vin de Petrobras par au moins cinq des personnes mises en examen dans le cadre de ce méga-scandale de corruption.

Machination de la présidence

Bien que membre du Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB, centre-droit), l'instable mais incontournable principal allié parlementaire du Parti des travailleurs (PT, gauche au pouvoir), Eduardo Cunha est l'un des plus farouches adversaires de la présidente Dilma Rousseff, au plus bas dans les sondages.

De par ses fonctions, il lui revient de filtrer en les classant ou non une dizaine de demandes de procédures de destitution de Mme Rousseff adressées au parlement, ce qui en fait l'un des principaux protagonistes de la crise politique qui déchire le géant émergeant d'Amérique du Sud, plongé en pleine récession économique.

Immédiatement après sa mise en cause par le parquet fédéral brésilien, qu'il attribue à une machination de la présidence, M. Cunha avait, sans quitter son parti, annoncé qu'il rejoignait à titre personnel les rangs de l'opposition.

'Les informations du Ministère public suisse font état de comptes bancaires au nom de M. Cunha et de membres de sa famille', a ajouté le parquet brésilien.

Extradition en Suisse impossible

En adressant les fruits de son enquête à la justice brésilienne, le Ministère public renonce par la même occasion à poursuivre lui-même M. Cunha, quatrième personnage de l'Etat brésilien, selon le parquet brésilien.

'Brésilien de naissance, Eduardo Cunha ne peut être extradé en Suisse. Le transfert de l'enquête (suisse) et un procédé de coopération internationale qui garantit la continuité de l'enquête', explique le communiqué.

M. Cunha est formellement soupçonné par la justice brésilienne d'avoir reçu cinq millions de dollars de Petrobras en marge d'un contrat pour la construction de navires sondes, entre 2006 et 2012.

L'enquête tentaculaire sur Petrobras a révélé que les plus puissantes entreprises de construction du pays se sont réparties entre 2004 à 2014 les marchés de la compagnie pétrolière en payant à tour de rôle des pots-de-vin à certains de ses directeurs en échange de contrats, eux-mêmes surfacturés de 1 à 3%. Petrobras a ainsi perdu plus de deux milliards de dollars. Une partie de ces commissions servait à verser des pots-de-vin à des députés et sénateurs de la coalition au pouvoir.

/ATS
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