La corruption est le problème numéro un dans le blanchiment

La corruption est le problème numéro un dans le blanchiment

Photo: Keystone

La lutte contre la corruption est devenue le problème numéro un dans le blanchiment d'argent. Elle est désormais le motif le plus fréquent des communications adressées à la Suisse. Celles-ci ont par ailleurs explosé.

Le Bureau de communication en matière de blanchiment d'argent (MROS) a enregistré l'année dernière 2367 communications ayant trait au blanchiment, soit 35% de plus qu'en 2014, peut-on lire dans le rapport annuel de l'Office fédéral de la police (fedpol) publié mardi. Plus de 90% des signalements émanaient de banques.

Les montants communiqués ont aussi pris l'ascenseur, passant à 4,8 milliards (+44,5%). Le MROS a parallèlement envoyé 579 demandes concernant 2144 personnes et entreprises étrangères à 95 services partenaires.

Corruption

La corruption, et non plus l'escroquerie, a été le motif le plus fréquent de blanchiment. En 2014 déjà, les cas de corruption avaient été multipliés par deux. Plusieurs grandes affaires occupent les autorités helvétiques, comme celles concernant le groupe pétrolier brésilien Petrobras ou l'ancien ministre grec de la défense Akis Tsochatzopoulos.

Les communications portant sur des escroqueries au hameçonnage de données permettant d'accéder aux comptes bancaires ('phishing') ont également augmenté: 142, soit 38 de plus.

Terrorisme

Le financement du terrorisme n'apparaît que de manière marginale. Mais il est aussi en hausse: 38 communications ont été annoncées, contre neuf en 2014. Elles portent sur 32 millions de francs.

La Suisse est menacée à deux titres. Les résidents peuvent y réunir des fonds, et certains individus peuvent également tirer profit du secteur financier pour rassembler de l'argent de source étrangère et le transférer hors des frontières.

La question pourrait gagner en importance. L'Europe discute en effet d'un renforcement de la coopération internationale et d'un blocage plus systématique des fonds. Les discussions internes portent en outre sur un contrôle plus drastique des instruments de transfert anonymes, sur un accès facilité aux banques de données centrales et sur l'endiguement du trafic des biens culturels.

Selon fedpol, la Suisse a tout à gagner de l'adoption de mesures efficaces et applicables. Elle participe régulièrement aux groupes de travail européens et internationaux sur la question.

/ATS
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