La croissance d'Airbnb se confirme en Suisse

La croissance d'Airbnb se confirme en Suisse

Photo: Keystone

La forte croissance du site de location d'appartements Airbnb se confirme en Suisse, selon une étude. Celle-ci évalue à un million le nombre de nuitées que la société américaine devrait générer cette année en Suisse et à 80 millions dans le monde.

Depuis 2014, l'offre Airbnb en ce qui concerne le nombre d'objets loués a plus que doublé, souligne cette étude - qui a pu recenser 90% de l'offre en Suisse - publiée jeudi par l'observatoire valaisan du tourisme en partenariat avec la HES-SO Valais. Entre octobre 2014 et octobre 2015, ce chiffre est passé de 6033 à 12'937.

Dans plusieurs cantons, l'offre excède ou avoisine les 1000 objets: Zurich (2117), Valais (1737), Genève (1633), Vaud (1437), Berne (1158), Bâle-Ville (1140) et Grisons (934). Ces régions fortement peuplées ou touristiques représentent environ 80% de l'offre Airbnb en Suisse.

Forte offre en Valais

Le nombre de lits proposés a lui progressé de 60% sur un an, à 33'374. Dans ce domaine, le Valais se place en tête avec 8139 lits (part de marché de 24,4%), devant les Grisons (3967 lits, soit 8,8%). Suivent Vaud, Zurich, Berne, Genève, Bâle-Ville et le Tessin. Ces régions assurent 85% de l'offre de lits Airbnb en Suisse.

La plateforme Internet concurrence l'hôtellerie classique avant tout dans les cantons urbains. Ainsi, à Bâle-Ville, le nombre de lits proposés par le site est équivalent à 31% de l'offre hôtelière, contre 19% dans le canton de Vaud et 17% dans celui de Genève, alors que la moyenne suisse se situe à 13%. L'offre est également en forte progression en Valais, avec une 'part de marché' de 25%.

Dans les zones urbaines, les prix moyens varient entre 84 francs par lit à Zurich et 129 francs par lits à Bâle. Dans les régions traditionnelles de vacances, les tarifs sont sensiblement moins chers: 58 francs par lit dans les Grisons et 71 francs par lit en Valais.

Environ 66% de l'offre est administrée par un seul loueur, qui ne propose aucun autre objet sur Airbnb et qui est sans doute un particulier, note l'étude. Les loueurs proposant deux objets représentent 15% de l'offre. Un peu moins de 20% de l'offre est administrée par des loueurs proposant plus de deux objets, donc vraisemblablement par des professionnels.

Question de régulation

L'irruption de professionnels sur ces plateformes renforce d'autant le débat autour de la régulation de l'économie du partage, notent les auteurs de l'étude. Selon eux, trois stratégies sont à disposition des pouvoirs publics afin de repenser la régulation du tourisme.

La première consiste à renforcer la réglementation et à contraindre les acteurs de l'économie du partage à s'aligner sur les contraintes imposées aux acteurs traditionnels. Une telle stratégie peut toutefois paraître vaine compte tenu de la rapidité d'évolution de ces nouveaux modèles, préviennent les auteurs de l'étude.

Deuxièmement, une réglementation globale des entreprises fondées sur ces nouveaux modèles économiques est envisageable. Enfin, les pouvoirs publics pourraient déréguler l'ensemble du secteur touristique, ce qui imposerait toutefois une refonte complète du financement du tourisme.

Plutôt que de se battre sur des aspects réglementaires, de nombreux spécialistes préconisent aux acteurs traditionnels de joindre ce mouvement de fond, relève encore l'étude. Celle-ci propose notamment de développer de nouveaux modèles d'affaires dans l'esprit de l'économie du partage, ou d'utiliser Airbnb comme un canal de distribution hôtelière.

/ATS
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