La journaliste française Florence Hartmann libérée par le TPI

La journaliste française Florence Hartmann libérée par le TPI

Photo: Keystone

La journaliste française Florence Hartmann, ancienne porte-parole du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), a bénéficié mardi d'une libération anticipée. Elle aura passé cinq jours en détention pour outrage à la cour.

'Le fait que Florence Hartmann ait accompli les deux tiers de sa peine et son comportement exemplaire dans le quartier pénitentiaire des Nations unies ont plaidé en faveur d'une libération anticipée', a déclaré le président du Tribunal, l'Américain Theodor Meron. 'Elle se réjouit de retrouver ses enfants et sa famille et de discuter avec nous des mesures à prendre pour la suite', avait indiqué peu avant sa libération son avocat, Guénaël Mettraux.

Correspondante du journal Le Monde pendant le conflit dans les Balkans, Florence Hartmann avait été arrêtée jeudi dernier par les gardes du TPIY alors qu'elle était venue assister au verdict du procès de l'ancien chef des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic.

La journaliste, 53 ans, avait été condamnée en 2009 à 7000 euros d'amende pour outrage à la cour après avoir révélé deux ans plus tôt dans un livre deux décisions confidentielles de la cour d'appel du TPIY. Ces documents prouvaient, selon elle, l'implication de l'Etat serbe dans le massacre de 8000 musulmans à Srebrenica en 1995.

Florence Hartmann avait refusé de payer cette amende et la peine avait alors été alourdie à sept jours de prison. La France et les Pays-Bas avaient refusé de l'extrader. Mme Hartmann a été la porte-parole de la procureure générale du TPIY, la Tessinoise Carla del Ponte, de 2000 à 2006.

Détention décriée

Ironie du sort, la journaliste française a été placée en détention dans la même prison de l'ONU que Radovan Karadzic et l'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, Ratko Mladic. 'Elle était choquée par la situation', a expliqué son avocat suisse, soulignant que Mme Hartmann n'avait 'pas eu de contact direct' avec les accusés du TPIY.

Pour son comité de soutien, il s'agissait d'une 'perversion pure et simple' qu'elle 'se retrouve internée dans la même unité de détention que les criminels de guerre qu'elle a sans relâche combattus par ses actes de bravoure, son engagement indéfectible et ses écrits'. Selon son avocat, l'ancienne correspondante du Monde a été détenue en isolement et sous une surveillance accrue.

Le TPIY a assuré que Mme Hartmann était 'juste placée à l'écart' du reste des détenus car elle était la seule femme derrière les barreaux de cette prison du quartier balnéaire de La Haye, Scheveningen.

Pétition en sa faveur

En pleurs lors de son arrestation, elle avait vivement protesté, criant que l'arrestation était 'contraire aux droits de l'Homme'. Plus de 4600 personnes ont signé la pétition lancée par son comité de soutien, qui évoquait une arrestation d'une 'rare violence'.

Pour le journal Le Monde, la peine qui lui a été infligée était 'scandaleuse'. 'L'acharnement contre Florence Hartmann doit cesser au plus vite', a assuré le directeur du journal, Jérôme Fenoglio.

/ATS
Partager
Link
Météo
Restez informé

Pour tout savoir sur l'actualité, inscrivez-vous à notre newsletter et recevez chaque soir dès 16h30 toutes les news de la journée.