La presse commente le « plan B » du gouvernement sur l'immigration

La presse commente le

Photo: Keystone

L'initiative contre l'immigration de masse devrait être appliquée grâce à une clause de sauvegarde consensuelle avec l'UE. Faute d'accord avec Bruxelles, le Conseil fédéral a un plan B: activer une clause unilatérale. La presse a réagi samedi.

Pour le quotidien Le Temps, 'le Conseil fédéral bredouille. Son plan unilatéral de mise en oeuvre (...) n’est qu’un écran de fumée, qui doit permettre de patienter jusqu’au 23 juin. Aujourd’hui, il n’y a qu’une seule certitude: un nouveau vote aura lieu à un moment ou à un autre sur cet encombrant dossier.'

Pour les quotidiens 24 Heures et Tribune de Genève, le plan européen du Conseil fédéral ne convainc personne. Le plan B, proposé par le gouvernement est 'inintelligible'.

Tout n'est pas perdu, souligne l'éditorialiste qui préconise de 'dire au peuple qu’il s’est trompé (...) Mais il faudrait pour cela un peu de courage. Le gouvernement n’en a pas et s’enferre dans un plan B dont il sera de plus en plus difficile de s’extraire. Faut-il vraiment attendre le clash avec l’Europe pour dire la vérité aux Suisses?'

'Position de faiblesse'

En changeant de discours, le Conseil fédéral risque de relativiser le vote du 9 février 2014. 'Non seulement le gouvernement se contredit, mais il a aussi dû revoir ses prétentions à la baisse vis-à-vis de Bruxelles', écrit l'éditorialiste de La Liberté.

Il poursuit: 'En position de faiblesse, le Conseil fédéral se félicite que le dialogue se poursuive. Mais fait-il mine de ne pas entendre? L’Union européenne ne veut pas de quotas d’étrangers, et la clause de sauvegarde unilatérale que le gouvernement s’obstine à présenter en guise de plan B -sans trop y croire- est mort-née.'

'Cornichon dans un sandwich'

Pour Le Matin, Berne joue les funambules. Le journal a interrogé René Schwok, professeur au Global Studies Institute de l’Université de Genève. Selon ce dernier, le Conseil fédéral est difficilement critiquable, au vu de sa très faible marge de manœuvre.

'Il est coincé comme le cornichon dans le sandwich, entre la politique intérieure et extérieure, explique-t-il. En revanche, il s’étonne que le gouvernement ne se soit pas assuré du soutien des partis-clés sur sa clause unilatérale.

'Rien qu'un plan B'

'Le Conseil fédéral tient bien les délais, mais il n'apporte à débattre au Parlement rien qu'un plan B, dont personne ne veut vraiment', commente le quotidien Blick.

'Par conséquent, le Parlement devrait donc faire une fois ce qui ne se fait pas. Il pourrait retarder un peu la proposition et attendre de savoir si une solution avec l'UE se met en place.

'Le peuple devra choisir'

'Maintenant, les parlementaires peuvent continuer leurs tergiversations sur la quadrature du cercle' (que représente le dilemme européen de la Suisse: Ndlr.), écrit la Neue Zürcher Zeitung. 'Bien sûr, les inventeurs (de la clause de sauvegarde unilatérale) savent qu'elle ne fonctionne pas (...) Dans tous les cas, le monde ne va pas s'arrêter après le délai de mise en oeuvre de l'initiative, soit le 9 février 2017'.

'Le Conseil fédéral n'a pas de plan', redoute le commentateur de la Berner Zeitung. 'Non pas parce qu'il en est complètement incapable mais parce qu'il ne peut pas en donner un. (...) Et il ne veut pas non plus l'avouer au peuple (...) Il n'en demeure pas moins: Bilatérale ou Initiative contre l'immigration de masse, le peuple devra choisir.

'Habileté tactique'

Le Conseil fédéral propose une clause de sauvegarde unilatérale dont les contours sont flous, écrivent en substance le Tages-Anzeiger et le Bund. 'Gagner du temps, ne pas trop donner le flanc à la critique(...) On peut comprendre les considérations du Conseil fédéral. Mais la marge de manœuvre pour la Suisse se resserre constamment. L'habileté tactique du Parlement sera mise à contribution comme jamais ces prochains mois.

La Nordwestschweiz prophétise: 'L'initiative acceptée par le peuple en 2014 va rester lettre morte. Pour le journal, la proposition de clause de sauvegarde unilatérale n'est pas la bonne solution. A son avis, 'la solution politique et surtout juridique serait de laisser le peuple se prononcer le plus tôt possible. Libre circulation top ou flop? Le journal prône 'un orage salutaire qui mettrait fin au fiasco actuel'.

/ATS
Partager
Link
Météo
Restez informé

Pour tout savoir sur l'actualité, inscrivez-vous à notre newsletter et recevez chaque soir dès 16h30 toutes les news de la journée.