Le Français Michel Barnier endosse le costume de Monsieur Brexit

Le Français Michel Barnier endosse le costume de Monsieur Brexit

Photo: Keystone

Le Français Michel Barnier prend officiellement samedi ses fonctions de négociateur en chef chargé, au nom de la Commission européenne, de préparer le Brexit. Le divorce avec le Royaume-Uni sera semé d'embûches au moment où l'UE traverse la pire crise de son histoire.

Nommé fin juillet par le président de la Commission Jean-Claude Juncker, ce vétéran des institutions bruxelloises a choisi une entrée en matière discrète. Au travail à partir de lundi, il ne devrait pas débriefer les journalistes avant le début novembre, selon un porte-parole.

Il compte d'abord sonder les avis des 27 Etats membres, sans passer par Londres dans un premier temps. Il a déjà eu des consultations 'constructives' jeudi à Berlin avec le chef de la diplomatie allemande Franck-Walter Steinmeier.

Pour Bruxelles, il n'est pas question de négocier avec les Britanniques tant qu'ils n'auront pas activé la 'clause de retrait' (l'article 50 du traité de Lisbonne de 2009), encore jamais utilisée, qui régit la séparation d'un pays avec l'UE.

Deux ans pour négocier la sortie

Ce qui ne devrait pas survenir avant début 2017, malgré le voeu bruxellois de commencer 'le plus tôt possible'. Une fois la rupture notifiée au Conseil de l'UE (représentant les Etats membres), une période de deux ans s'ouvrira pour négocier les modalités de sortie.

S'il s'attend à des négociations 'dures', M. Barnier, qui passe pour un 'anti-Britannique notoire' auprès des milieux eurosceptiques à Londres, n'a pas l'intention de déclarer la guerre au Royaume-Uni.

'Nous sommes pour le long terme dans une communauté d'intérêts avec le Royaume-Uni', expliquait-il début septembre. 'En particulier dans les domaines de la sécurité et de la défense, il faudra trouver une coopération bilatérale forte'.

A Londres, le gouvernement de Theresa May dit 'avoir hâte' de travailler avec lui afin 'd'assurer un départ ordonné du Royaume-Uni'.

Le négociateur en chef de l'UE dépendra directement à M. Juncker, dont il était jusqu'ici le conseiller pour les affaires de Défense.

Bête noire de la City

Michel Barnier, 65 ans, Européen convaincu, engagé en politique depuis plus de 40 ans, a occupé le poste stratégique de commissaire au Marché intérieur et aux Services financiers sous la commission 'Barroso II' (2010-2014).

Il fut l'architecte de l'Union bancaire européenne, y gagnant la réputation de 'bête noire de la City' de Londres, la première place financière d'Europe, un des enjeux cruciaux des négociations à venir.

'Je sais exactement ce qui est écrit dans certains journaux britanniques. A l'époque (de sa nomination en 2010), on me qualifiait +d'homme le plus dangereux d'Europe+. Finalement, nous sommes intelligemment parvenus à (...) embarquer le Royaume-Uni avec nous' en faveur de la régulation financière, se félicitait-il récemment. 'C'est donc possible et mon objectif sera de trouver un accord +gagnant-gagnant+ pour tous', assurait-il.

Modèle suisse

Le nouveau 'partenariat' entre Bruxelles et Londres pourrait s'inspirer du modèle norvégien, relativement intégré, avec un accès au marché unique européen, ou du statut de la Suisse, plus distant.

Mais les 27 se veulent fermes sur le futur accès au marché unique du Royaume-Uni. Ils s'opposent à ce qu'il puisse en bénéficier après le Brexit s'il ne respecte pas le principe de libre circulation des personnes, en particulier de la main d'oeuvre d'Europe de l'Est.

Deux autres négociateurs européens ont été désignés pour conduire la procédure de divorce avec le Royaume-Uni, le Belge Guy Verhofstadt, au nom du Parlement, et son compatriote Didier Seeuws, un diplomate, pour le Conseil.

/ATS
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