Le PIB suisse devrait augmenter de 0,9% en 2015, selon le SECO

Le SECO anticipe une croissance un peu plus soutenue pour 2015

Photo: Keystone

Le Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO) prévoit une croissance un peu plus soutenue pour le reste de l'année et une reprise plus marquée en 2016. Le produit intérieur brut (PIB) devrait augmenter de 0,9% en 2015, contre une précédente estimation de 0,8%.

'Le scénario d'une entrée en récession de la Suisse en 2015 est écarté pour l’instant', a indiqué jeudi à l'ats Bruno Parnisari, chef du secteur conjoncture et direction de la politique économique au SECO. La croissance devrait cependant rester timide au deuxième semestre et se renforcer seulement l'an prochain.

Pas de hausse des taux américains

'La situation économique s'améliorera à condition que la conjoncture internationale reste favorable et que la reprise se confirme en zone euro', note le groupe d'experts de la Confédération dans un communiqué. Le ralentissement observé dans certains pays émergents demeure préoccupant, même si le SECO n’anticipe pas un affaiblissement marqué de l'économie en Chine.

La reprise conjoncturelle aux Etats-Unis semble par ailleurs solide. Mais au vu de l'appréciation du dollar et de la faiblesse de l'inflation, il est probable que la Réserve fédérale (Fed) retarde de quelques mois l'augmentation de ses taux d'intérêt, selon le SECO. La banque centrale devait décider jeudi soir de relever ou non ses taux.

Dans l'ensemble, les perspectives économiques mondiales restent relativement bonnes, précise Bruno Parnisari. Mais la croissance internationale devrait être légèrement moins forte qu'attendu.

Chômage à 3,6% en 2016

Pour l'année prochaine, les experts de la Confédération tablent sur une hausse du PIB de 1,5%, contre une prévision en juin de 1,6%. Ce chiffre reste en dessous de la moyenne helvétique des 20 dernières années située à 1,9%.

Cette reprise morose devrait peser pour plusieurs trimestres sur le marché du travail. Les analystes maintiennent leur prévision concernant le taux de chômage à 3,3% en 2015. Ils revoient, par contre, à la hausse celle pour 2016 à 3,6%, contre 3,5% annoncés en juin.

Parallèlement, l'emploi devrait croître entre 0,8 et 0,9%. 'Cette situation un peu paradoxale s'explique par le fait que les branches qui créent ou suppriment des postes ne sont pas les mêmes. Actuellement, le secteur des services est le plus grand pourvoyeur d'emplois dans les domaines des conseils aux entreprises ou de la santé notamment, alors que dans l’industrie nous observons et prévoyons un léger recul', souligne Bruno Parnisari.

Tout comme la croissance économique, la création d'emplois dans les services reste grandement dépendante de la demande intérieure. 'Celle-ci devrait continuer de croître sous l'effet de l'augmentation démographique', poursuit Bruno Parnisari.

Poids du franc fort

Au premier semestre, la consommation privée a par ailleurs augmenté. Celle-ci devrait rester soutenue jusqu'à fin 2015, même si la détérioration sur le marché du travail pourrait quelque peu freiner cette dynamique.

Egalement en hausse au cours des six premiers mois de l'année, les investissements en biens d'équipement ne devraient pas connaître une expansion rapide, au vu des perspectives économiques partiellement réjouissantes, indique le SECO. Le secteur de la construction, qui affiche un ralentissement de son activité, ne devrait guère aider.

Quant aux exportations, elles ont souffert du franc fort suite à l'abolition du taux plancher à la mi-janvier. Si la récente dépréciation du franc face à l'euro a apporté une bouffée d'oxygène aux entreprises exportatrices, la situation n'en reste pas moins tendue, selon le SECO.

Inflation négative pour 2015

Le franc fort a en outre entraîné une baisse marquée des prix. Ce recul devrait peu à peu diminuer sous l'effet de son atténuation. Pour l'année en cours, le groupe d'experts de la Confédération s'attend toujours à un renchérissement négatif (-1,1%) et à une inflation quasi nulle (0,1%) pour 2016.

En raison des effets de change notamment, les analystes de la Confédération estiment que la balance commerciale contribuera négativement à la croissance du PIB cette année. Mais son apport s'avérera légèrement positif en 2016.

Au niveau de l'évolution du cours de l'euro, les experts se veulent prudents. 'On ne peut pas exclure que des incertitudes liées à la stabilité de l'Union monétaire réapparaissent et aient des conséquences immédiates sur le cours de change entre la monnaie européenne et le franc', soulignent-ils.

/ATS
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