Le conflit autour de la CCT devient une guerre d'informations

Le conflit autour de la CCT devient une guerre d'informations

Photo: Keystone

Les tensions entre syndicats et patrons ressemblent à une guerre d'informations. Alors que les syndicats menacent de faire grève et reprochent aux patrons de rompre le contrat, ceux-ci ont lancé une campagne d'affiches sur près de mille chantiers du pays.

La Société Suisse des Entrepreneurs (SSE) estime incompréhensible que les syndicats Unia et Syna se soient opposés jusqu'à ce jour à la prolongation de l'actuelle convention nationale du secteur de la construction (CN), a-t-elle déclaré mercredi devant les médias à Bienne (BE).

Avec 6000 francs suisses de salaire moyen, 40,5 heures de travail par semaine et cinq à six semaines de vacances, la CN en vigueur est la convention collective du travail (CCT) la plus sociale pour les travailleurs des branches artisanales.

La SSE précise que le secteur doit faire actuellement face à un net ralentissement économique. La Confédération prévoit en effet un renchérissement négatif de 1,1%, ce qui correspond à une hausse de salaire avec des salaires constants. Au premier semestre, le volume de construction a diminué de 6,8% par rapport à la même période un an auparavant et les entrées de commandes ont baissé de 12,2%.

La campagne d'information lancée par l'organisation patronale vise à convaincre les ouvriers des avantages de l'actuelle CN. Des affiches ont été placardées sur plus de mille chantiers du pays afin de 'corriger l'image erronée que diffuse le syndicat Unia concernant les conditions de travail dans le secteur de la construction', selon le président central de la SSE, Gian-Luca Lardi.

Rupture de contrat

Cette action des patrons intervient un jour après que les syndicats Unia et Syna ont menacé de faire grève. Ils estiment que la SSE rompt le contrat en souhaitant prolonger la CN et en refusant de négocier.

L'actuelle convention contraint en effet les patrons à mener des négociations salariales jusqu'à fin septembre. Les deux parties prenantes doivent cependant se tenir aux règles du partenariat social. La SSE reproche justement à Unia de violer ces dispositions, car le syndicat agit seul contre le dumping salarial au moyen d'un organe spécialisé 'Analyse de risque'.

En novembre 2014 déjà, les délégués de l'association des employeurs avaient décidé de ne pas mener de discussions avec Unia au sujet de la CCT ou des salaires, tant que le syndicat continuait à s'occuper du service spécialisé. Les représentants de la SSE se réunissent jusqu'à jeudi à Bienne afin de décider de la suite de la situation conflictuelle.

/ATS
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