Le piédestal de Volkswagen vacille après une duperie aux Etats-Unis

Le piédestal de Volkswagen vacille après une duperie aux Etats-Unis

Photo: Keystone

La duperie de Volkswagen aux Etats-Unis sur les contrôles antipollution va coûter très cher financièrement et en termes d'image au géant mondial de l'automobile. Elle pourrait le faire tomber de son piédestal. L'action du groupe a chuté de plus de 20% sur les marchés.

Rien que lundi matin, ce sont 20 milliards d'euros de capitalisation boursière qui sont partis en fumée à la Bourse de Francfort. En cours de journée, le titre de la compagnie allemande a lâché plus de 20%, atteignant sur une seule séance sa plus forte baisse en 78 ans d'existence. La holding Porsche, qui contrôle 51% des actions ordinaires de Volkswagen, baissait quant à elle de quelque 18%.

'Désastre', 'choc', 'débâcle' : les titres de la presse allemande lundi étaient à la mesure de la commotion suscitée par la révélation vendredi d'une manipulation du constructeur, fierté nationale et récemment couronné numéro un mondial des ventes.

Selon les autorités américaines, 482'000 véhicules des marques Volkswagen et Audi, fabriqués entre 2009 et 2015 et vendus aux Etats-Unis, ont été équipés d'un logiciel sophistiqué capable de détecter automatiquement à quel moment ils étaient soumis par les autorités à un test de mesure de la pollution.

Amende importante

Le mastodonte allemand s'expose non seulement à des amendes pouvant se monter au total à 18 milliards de dollars (17,43 milliards de francs), soit une fois et demie son bénéfice net de 2014. Il s'expose aussi au coût - des millions, voire des milliards de dollars- des rappels de tous les véhicules concernés, et à de possibles poursuites judiciaires de la part de leurs propriétaires.

Et le scandale menace de faire des petits. 'On se demande à présent si la manipulation n'a pas eu lieu non seulement aux Etats-Unis mais aussi sur d'autres marchés comme l'Europe', souligne Stefan Bratzel, directeur du centre allemand de recherche sur l'automobile CAM.

Enquête en Suisse

En Suisse, des investigations sont actuellement en cours, a précisé à l'ats un porte-parole d'Amag, l'importateur helvétique du constructeur automobile allemand. Mais 'en Europe, et par conséquent en Suisse aussi, nos voitures répondent aux normes en vigueur en matière de rejets polluants', selon la prise de position d'Amag.

Berlin veut procéder à des vérifications auprès de tous les constructeurs. Aux Etats-Unis, l'agence américaine de protection de l'environnement (EPA) et les autorités californiennes ont annoncé lundi vouloir effectuer des tests sur des véhicules autres que Volkswagen.

Daimler, maison mère de Mercedes-Benz, et BMW ont l'un et l'autre déclaré que les accusations des autorités américaines ne les concernaient pas.

Intervention du gouvernement

Le ministre allemand de l'économie, Sigmar Gabriel, a appelé VW à faire toute la lumière sur ces accusations en parlant d'un 'grave incident'. Il a exprimé sa crainte de voir l'affaire éclabousser tout le secteur automobile allemand, un pilier de l'économie nationale.

Le ministre-président de Basse-Saxe, Land qui possède 12,4% du capital du groupe, a jugé qu'une enquête rapide et approfondie était nécessaire avant de prendre des décisions. Un porte-parole du groupe a indiqué que celui-ci cessait jusqu'à nouvel ordre de commercialiser les modèles diesel quatre cylindres de ses marques VW et Audi aux Etats-Unis.

Pour Volkswagen, l'affaire survient à un mauvais moment. Faute de produits adaptés à ce marché, friand de gros 4x4, la marque est à la peine depuis des années aux Etats-Unis. La technologie diesel devait lui permettre de se différencier pour gagner des parts de marché.

Martin Winterkorn, le patron de Volkswagen depuis 2007, a fait son mea culpa dimanche et promis de coopérer avec les autorités américaines. Mais sur cette affaire, il risque son poste. Il doit théoriquement être prolongé à la tête du groupe pour deux ans vendredi.

/ATS
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