Les Bourses de Tokyo, Shanghai et Hong Kong plongent à l'ouverture

La déroute des bourses asiatiques gagne les marchés mondiaux

Photo: Keystone

La déroute des bourses asiatiques, avec un lundi noir à Shanghai, continuait de faire des ravages. Elle a gagné Wall Street après avoir fait chuter les marchés européens, les investisseurs se montrant de plus en plus inquiets pour l'économie mondiale.

Le Dow Jones a plongé de plus de 6,6% lundi à l'ouverture, avant de se redresser à -1,24% vers 18h15. Il a finalement perdu 3,57% à la clôture. Les bourses européennes ont toutes paniqué dans son sillage et terminé en forte baisse.

L'indice Eurostoxx 50, qui regroupe les grandes entreprises de la zone euro, a fini sur un repli de 5,45%. La Bourse de Paris a perdu 5,35%, Francfort 4,70%, Londres 4,67%, Milan 5,96% et Madrid 5,01%. La Bourse suisse s'en tire mieux avec un repli de 3,75%, mais non sans avoir dévissé de plus de 7% à l'ouverture de Wall Street.

'Nous avons tous les ingrédients pour assister sur les marchés mondiaux à la pire journée depuis cinq ans', avait averti Evan Lucas du courtier IG Markets, après que Shanghai a clôturé en baisse de près de 8,5%. Son plus net repli en une séance depuis 2007. La déroute a gagné Tokyo (-4,61%) et Taïwan (-4,84%), qui a même plongé de 7,5% en séance, du jamais vu.

'Le feu aux poudres'

'Les réactions des marchés asiatiques reflètent la conviction des investisseurs qu'un atterrissage brutal (de l'économie chinoise) est inévitable', selon Evan Lucas.

Cette tendance baissière pourrait encore se prolonger quelques jours, a indiqué l'économiste en chef d'UBS, Daniel Kalt, dans un entretien à AWP. 'Une panique s'est emparée des marchés', a-t-il estimé.

'Les choses commencent à ressembler à la crise financière asiatique de la fin des années 1990. Des spéculateurs se débarrassent des actifs qui semblent les plus vulnérables', ajoute Takako Masai, directeur de recherche à la Shinsei Bank de Tokyo.

La Chine dominait toujours les préoccupations, alors que s'enchaînent les indicateurs décevants attestant de l'essoufflement de la deuxième économie mondiale. Et 'l'absence d'annonces de mesures par les autorités chinoises afin de stabiliser l'économie a mis le feu aux poudres', résument les stratégistes chez Crédit Mutuel-CIC.

Les craintes se focalisent désormais sur les risques d'une contagion à la planète entière, que rien ne semble apaiser. 'L'aversion au risque a largement pris le dessus', relèvent les analystes de Saxo Banque.

Ces doutes interviennent alors que la croissance reste poussive en zone euro. Les investisseurs sont aussi dans le flou concernant la politique monétaire de la banque centrale américaine (Fed), qui a jusqu'à présent été un facteur de soutien très important au marché. La Fed entend remonter ses taux d'ici à la fin de l'année, mais cette initiative semble désormais compromise.

'Avec toute cette panique et cette volatilité sur les marchés en provenance de Chine, il semble que tous les espoirs d'une hausse des taux de la Réserve fédérale en septembre aient été balayés', a estimé Craig Erlam, analyste chez Oanda.

Matières premières et devises impactées

La déprime touche aussi les matières premières. Le cuivre, considéré comme un baromètre de la demande mondiale, a atteint lundi son cours le plus bas depuis six ans et demi. L'or, vu comme la valeur refuge par excellence en période de turbulences sur les marchés, est monté à son niveau le plus fort en six semaines. Enfin, les cours du brut évoluaient sous 40 dollars le baril, des niveaux inédits en six ans.

Sur le marché des changes, l'euro montait nettement face au dollar. Vers 18h00, la monnaie unique s'échangeait à 1,1579 dollar, contre un peu plus de 1,10 dollar en milieu de semaine dernière. La devise européenne gagnait aussi du terrain face au franc: un euro valait 1,0827 franc, contre 1,0777 franc vendredi soir.

Le billet vert perdait aussi du terrain face à la devise helvétique, à 0,9351 franc pour un dollar, atteignant même vers 15h35 0,9259 franc, son niveau le plus fort en près de deux mois. 'Le dollar s'effondre comme si la Fed avait lancé des rachats d'actifs ou abaissé ses taux', s'étonne Nour Al-Hammoury chez ADS Securities.

/ATS
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