Les Suisses ont dépensé l'an passé 13 milliards de francs

Les Suisses ont dépensé l'an passé 13 milliards de francs

Photo: Keystone

Dopé notamment par l'utilisation des appareils mobiles, le marché suisse des médias et des divertissements a poursuivi sa croissance l'an passé. Selon PwC Suisse, il a progressé de 3,8 à 13 milliards de francs. Et une nouvelle hausse de 2,2% est attendue cette année.

Dans son rapport 'Swiss Entertainment & Media Outlook 2015-2019' publié vendredi, le cabinet d'audit comptable et de conseils anticipe une croissance annuelle de 5,7% des revenus provenant de l'accès à Internet. Ce secteur représente déjà le quart des dépenses en matière de médias et de divertissement.

Une évolution qui ne reste pas sans influence sur les recettes publicitaires. Segment affichant l'expansion la plus vigoureuse, celui des annonces sur Internet devrait poursuivre son envol, les dépenses étant attendues en hausse de 9,3% chaque année d'ici 2019. De nombreux annonceurs réorientent leurs campagnes et budgets vers le réseau des réseaux, celui-ci gagnant en popularité à la faveur de l'accès mobile.

Il y a trois ans, les dépenses pour les annonces sur Internet ont pour la première fois dépassé les montants alloués aux campagnes télévisuelles. Mais ces dernières conservent leur attrait et devraient s'étoffer de 2,1% par an, malgré le léger repli prévu cette année en raison de la vigueur du franc.

Ce secteur va cependant au-devant de changements, du fait d'une consommation toujours plus fragmentée avec la multiplication des appareils et canaux. Le phénomène rend plus complexe la mesure de la consommation ainsi que l'accès aux consommateurs.

Paysage bousculé par le 'streaming'

Internet touche aussi le marché de la télévision, avec l'affirmation de la diffusion via le web (IPTV). Celle-ci est à l'origine de l'essentiel de la croissance annuelle des revenus de 1,5%. Le développement des recettes du secteur après 2018 dépendra de la nouvelle loi sur la radio et la télévision.

La numérisation se poursuit aussi aussi dans les secteurs du cinéma et de la musique, touchés depuis peu par les offres de diffusion en continu via Internet ('streaming'). S'étoffant rapidement avec l'arrivée cette année d'un acteur global de poids, à savoir Apple , les revenus dans ce dernier domaine vont compenser les pertes consécutives au déclin de la vente de musique sur supports physiques. De 743 millions de francs en 2014, les dépenses devraient grimper à 765 millions en 2019, prévoit PwC Suisse.

Côté production cinématographique, le recul des recettes devrait se poursuivre, en dépit de la popularité croissante des services de 'streaming', avec le lancement en l'espace de deux ans de trois nouvelles offres en Suisse. Flexibles, elles portent à bout de bras l'expérience du cinéma à domicile, voire aussi en déplacement.

Côté médias imprimés, un secteur aussi en lutte dans le contexte de numérisation globale des contenus, magazines et journaux vont encore souffrir du repli de leurs revenus. Pour les premiers, PwC table sur une baisse annuelle de 3,6%. La part des seconds à l'ensemble des recettes de la branche se réduira de 13,4% l'an passé à 9,5% en 2019.

L'accès prime la possession

En matière de tendances, PwC observe que les utilisateurs attachent désormais plus d'importance à consommer des contenus qu'à les posséder. Dans tous les segments du marché des médias et du divertissement, les consommateurs recherchent commodité et convivialité.

Pour l'utilisateur, l'accès au contenu revêt plus d'importance que sa possession. Les consommateurs veulent des contenus à tout moment, partout et pour tous leurs appareils. Une évolution qui favorise les plates-formes concentrant les contenus de différents producteurs, de même que les modèles d'abonnement.

Les concepteurs des contenus, qu'il s'agisse de jeux, de films, de musique, de journaux ou de magazines, passent ainsi à l'arrière-plan. De ce fait, ils doivent reconsidérer leur position sur le marché. Connectivité et mobilité représentent les clefs de l'évolution de tout le secteur.

/ATS
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