Les exportations au coeur des préoccupations de la branche

Les exportations au coeur des préoccupations de la branche

Photo: Keystone

L'industrie alimentaire suisse doit relever le défi posé par le développement de ses exportations, à l'heure où elle affronte un marché national saturé et la force du franc. Le sujet constituait le sujet principal de sa journée sectorielle lundi à Berne.

'Nous avons besoin de l'importation mais aussi de l'exportation', a insisté Christian Etter, délégué du Conseil fédéral aux accords commerciaux et chef des services spécialisés économie extérieure à la direction des affaires économiques extérieures au SECO. Parmi les défis figure la tendance à l'ouverture des marchés, qui plus est n'est pas une voie à sens unique.

Mais la Suisse bénéficie aussi d'avantages. Principalement, une qualité élevée, des produits sûrs et une demande mondiale en augmentation, notamment à travers une nouvelle classe moyenne comme c'est le cas en Chine. 'Le potentiel commercial des produits suisses est immense', a affirmé Christian Etter.

Par ailleurs, l'accès aux marchés d'exportation constitue aussi une force, que ce soit par le biais de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), des accords entre l'Union Européenne et la Suisse et les accords de libre-échange.

Compensation des différences de prix

Autre défi de taille, sur lequel a mis l'accent Daniel Meyer, directeur de la société alimentaire Mondelez Suisse; le prix des matières premières, qui en comparaison mondiale montre des écarts immenses. 'Il est donc difficile de positionner les produits sur le marché international', a indiqué le directeur, citant l'exemple du chocolat Toblerone dont la consommation a diminué.

Le lait en poudre coûte un tiers du prix national à l'étranger, une différence qualifiée de 'massive' par l'intervenant. La Suisse a besoin d'une compensation des différences de prix.

Plusieurs possibilités ont été mentionnées par Daniel Meyer, à savoir une stabilisation de la 'loi chocolatière' à 140 millions de francs, un plafond en pourcentage (à 85%) ou encore la solution de différencier les produits destinés à l'exportation et les offrir aux tarifs du marché mondial avec des paiements directs.

Finalement, un perfectionnement ou encore une délocalisation peuvent aussi être considérés, même s'il ne s'agit pas des solutions désirées. 'L'industrie l'alimentaire ne peut survivre qu'avec une compensation du prix des matières premières qui fonctionne', a revendiqué Daniel Meyer.

Soutien d'Alain Berset

Le conseiller fédéral Alain Berset, chef du Département fédéral de l'intérieur, a montré sa préoccupation quant à l'industrie alimentaire, notamment à travers le combat mené pour la réduction de la consommation de sel et le nouveau cheval de bataille qu'est le sucre dans les yaourts.

Il a par ailleurs rappelé que la protection contre la fraude restait une priorité de taille pour le Parlement. La consultation en cours sur les ordonnances d'application de la loi sur les denrées alimentaires permet de changer un paradigme. 'Les produits sûrs sont autorisés. Autrefois, tout était interdit sauf les aliments spécifiés dans la loi', a indiqué le ministre de la santé, précisant que cela faciliterait l'entrée sur le marché de nouveaux produits.

La journée de l'industrie alimentaire a aussi été placée sous le signe du renouvellement puisque Rolf Schweiger, président sortant de la Fédération des industries alimentaires suisses, a passé le témoin à la conseillère nationale Isabelle Moret (PLR/VD).

/ATS
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